+ Responder Tema
Página 1 de 2 12 ÚltimoÚltimo
Resultados 1 al 15 de 18

Tema: Point de vue sur les drogues

  1. #1
    Fecha de Ingreso
    26 May, 05
    Mensajes
    3,756
    Gracias
    0
    2,438 gracias recibidas en 878 Posts
    Mencionado
    20 Mensaje(s)
    Etiquetado
    2 Tema(s)
    Citado
    75 Mensaje(s)

    Point de vue sur les drogues

    J'ouvre ce lien pour commenter l'actualité en France.
    Le premier interview, très court, du Dr Lowenstein, addictologue,
    montre une tonalité nouvelle dans ce pays/

    http://www.liberation.fr/societe/201...ectrice_865437


    SOCIÉTÉ
    «La répression n'est pas protectrice»
    5 décembre 2012 à 21:36


    INTERVIEW Pour le Dr William Lowenstein, la ligne dure à la
    française nuit à l'amorce d'une politique de prévention :


    Par ERIC FAVEREAU



    Le Dr William Lowenstein, addictologue, dirige la clinique
    Montevideo à Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine,
    spécialisée dans les dépendances.



    Que serait, aujourd'hui, une politique de prévention en matière de
    cannabis ?


    Ce serait d'abord un repérage précoce, notamment par le biais de
    l'Education nationale. Repérer quand un jeune va mal, noter quand
    il décroche : ne pas alors tourner la tête. On pense toujours au
    soutien scolaire, sauf quand il s'agit de cannabis, où l'on ne va
    songer qu'à le mettre à porte de l'établissement. Bref, une politique
    d'attention. L'Education nationale doit arrêter avec la politique de
    l'avion : on ne fume pas dans l'avion, mais peu importe ce qui se
    passe avant ou après. C'est son rôle de soutenir les ados qui sont en
    difficulté.



    Pour autant, quel langage tenir aux jeunes ?

    Parler juste, et tenir un même langage. Il faut que les politiques,
    comme les parents ou les grands-parents, leur expliquent que le
    THC [tétrahydrocannabinol, le principe actif du cannabis, ndlr] n'est
    pas très dangereux pour les adultes. En tout cas, il l'est beaucoup
    moins que l'alcool, la cocaïne ou l'héroïne. En revanche, le THC peut
    être handicapant pour les jeunes, et surtout les très jeunes. Pour
    eux, ce n'est pas une drogue qui tue, mais une drogue qui
    handicape. Or, sur ce point-là, la France est nulle.



    C'est-à-dire ?

    Ce n'est pas un message permissif ou répressif que l'on doit tenir,
    mais un message audible et crédible. On doit dire ce que l'on sait :
    le THC n'est pas dangereux en soi, mais il a une forte capacité
    handicapante chez les jeunes. D'où l'importance de reculer l'âge des
    premières consommations. Et développer, parallèlement, le concept
    de réduction des risques. Dans un pays où près de 39% des jeunes
    de moins de 16 ans ont déjà pris du cannabis, alors qu'en Europe, la
    moyenne est de 17%, on voit bien qu'une politique répressive ne
    fonctionne pas. L'exemple français montre que la répression n'est
    pas protectrice. Quand allons-nous changer une équipe qui perd ?



    Faut-il changer la loi ?

    Peut-être. Mais il faut surtout commencer une politique de
    prévention et de réduction des risques.



    Les populations à risque sont-elles identifiées ?

    Sur les 39% de moins de 16 ans qui ont fumé, on estime qu'entre 15
    et 20% d'entre eux ont une consommation problématique. A leur
    destination, il faut développer une politique de réduction des
    risques. Il y a des messages simples : si vous fumez, ne fumez pas
    seul. Evitez de fumer tous les jours, évitez le matin, etc. On peut
    ainsi établir des règles élémentaires aux bénéfices évidents.



  2. Los siguientes 2 Usuarios dan las gracias a jean-michel por este Post:

    Paquito (13/11/2013), rhmas (07/12/2012)

  3. #2
    Fecha de Ingreso
    26 May, 05
    Mensajes
    3,756
    Gracias
    0
    2,438 gracias recibidas en 878 Posts
    Mencionado
    20 Mensaje(s)
    Etiquetado
    2 Tema(s)
    Citado
    75 Mensaje(s)

    Re: Point de vue sur les drogues

    Une vue d'ensemble parue dans "Libération" DES INTERDITS ARTIFICIELS

    http://www.liberation.fr/societe/201...ficiels_865431


    (Photo David Bebber. Reuters)
    • ANALYSE Depuis des années, les hommes politiques privilégient les préjugés aux données objectives.
    Par MICHEL HENRY
    Et en France, alors ? Business as usual : on ne voit rien, on n’entend rien, on ne dit
    rien. Les trois singes. La France des élus, à part quelques exceptions individuelles et
    les Verts, ne veut pas ouvrir le débat sur les drogues illégales. Trop dangereux : cela
    obligerait à regarder la réalité en face. Celle d’une prohibition inefficace et coûteuse,
    qui n’empêche pas de hauts niveaux de consommation - les 15-24 ans sont les
    champions d’Europe du pétard (1).


    Aux Pays-Bas, contrée beaucoup plus tolérante avec les consommateurs, il y a, en
    proportion de la population, moitié moins de fumeurs. La plupart des études le
    montrent : interdit et niveaux de consommation ne sont pas liés. Mais les élus français
    refusent de le voir, préférant leurs préjugés et leurs fantasmes. Et celui qui lève ce
    tabou se fait immédiatement aboyer dessus. Ainsi, quand un ministre - Vincent Peillon
    - émet une évidence, à savoir que la pénalisation de l’usage ne fonctionne pas, droite et
    gauche lui tombent dessus. Belle union nationale. Alors qu’il a raison…

    La France ne croit qu’à la répression, elle a tort. Elle ne croit pas à la prévention, n’y
    met pas les moyens (lire l’interview de William Loewenstein ci-contre) : elle a tort
    aussi. Comment expliquer que cet aveuglement perdure ?


    «Loups».
    En 1978, les socialistes s’étaient engagés à dépénaliser l’usage. En 1981, la
    promesse était oubliée. Selon la sociologue Anne Coppel, François Mitterrand aurait
    dit : «Surtout, n’en parlons pas. Parce que, si on en parle, il faut hurler avec les
    loups.»
    Postulat général : les drogues font peur. Il faut donc «rassurer avec un
    discours guerrier, sans pour autant mener une véritable politique, ni en santé
    publique ni en sécurité»,
    détaille Coppel.

    En 2002, Bernard Kouchner, ministre délégué à la Santé, expliquait qu’à son grand
    regret, «l’opinion [n’était] pas prête» pour une dépénalisation. C’est sûr : si on ne
    donne pas les faits objectifs, l’opinion ne risque pas d’évoluer. Le principal problème,
    c’est un déficit d’information. Parfois, le débat renaît. En juin 2006, le Parti socialiste
    inclut dans son programme l’idée d’une «régulation» du cannabis par l’Etat. La
    proposition reste cependant lettre morte. Car la gauche a peur de passer pour
    irresponsable et laxiste. Mais si on ne poursuit plus en justice les usagers de cannabis,
    la consommation va-t-elle s’accroître ? Rien n’est moins sûr. Le Portugal l’a fait en
    2001, sans enregistrer d’augmentation.


    Dépénaliser, est-ce envoyer un «mauvais signal en direction des jeunes», comme
    Lionel Jospin le craignait en 2002 ? François Hollande pense lui aussi qu’il faut
    maintenir un interdit. Pourtant, en faisant de la prévention crédible et non
    moralisante, les jeunes seront plus efficacement touchés qu’avec cet interdit peu
    respecté.


    A défaut, la gauche se colle quasi unanimement sur la posture de la droite : sur cette
    question, il faut rouler des mécaniques. Mais la droite, si elle avait un peu de jugeote,
    se souviendrait qu’elle a mis en place les deux seules avancées connues en matière de
    réduction des risques pour les drogues injectables : la vente libre de seringues en 1987
    et l’autorisation des produits de substitution à l’héroïne en 1994.


    Clubs.
    A l’époque, les loups hurlaient : «L’Etat aide les drogués !»Heureusement, ils
    n’ont pas été écoutés. La droite ressort cet argument aujourd’hui contre les salles de
    consommation à moindre risque, dont l’expérimentation doit débuter l’an prochain. Le
    but de celles-ci n’est pas d’inciter à la consommation de drogues injectables, comme le
    prétend l’UMP (sauf Roselyne Bachelot, qui connaît le sujet), mais d’en réduire les
    risques. Là encore, la France est en retard. La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a
    promis qu’elle donnerait son feu qu’on espère vert au premier semestre 2013. «Il ne
    faut plus perdre de temps»,
    prévenait hier Jean-Marie Le Guen, adjoint PS à la santé à
    la mairie de Paris.

    Lundi, celui-ci proposera au conseil municipal de débloquer 38 000 euros afin d’aider
    l’association Gaïa à «préfigurer» l’installation d’une salle dans la capitale, plus une
    structure mobile. Des salles semblables pourraient ouvrir à Marseille et Bordeaux.

    Ailleurs, des consommateurs se réunissent en «cannabis social clubs» pour faire
    pousser eux-mêmes de l’herbe et ne plus avoir à s’approvisionner sur le marché noir.
    C’est une expérience, illégale, calquée sur le modèle de l’Espagne, où elle est tolérée.
    C’est surtout l’application du small is beautiful : faute de débat global, seule une
    politique des petits pas à l’échelon local fait avancer le Schmilblick.

    (1) En 2011, 39 % des 15-16 ans déclaraient en avoir consommé au moins une fois. Et
    l’usage dit récent (dans le dernier mois) est passé de 15 à 24 %, ce qui fait des jeunes
    Français les premiers en Europe (ils n’étaient que troisièmes en 2007).



    Última edición por jean-michel; 10/12/2012 a las 07:32 AM

  4. El siguiente Usuario da las gracias a jean-michel por este Post:

    Paquito (13/11/2013)

  5. #3
    Fecha de Ingreso
    26 May, 05
    Mensajes
    3,756
    Gracias
    0
    2,438 gracias recibidas en 878 Posts
    Mencionado
    20 Mensaje(s)
    Etiquetado
    2 Tema(s)
    Citado
    75 Mensaje(s)

    Re: Point de vue sur les drogues




    http://www.europe1.fr/Politique/Legalisation-du-cannabis-que-disent-les-partis-486423/


    Légalisation du cannabis : que disent les partis ?


    Par Plana Radenovic
    Publié le 5 avril 2011 à 14h07Mis à jour le 5 avril 2011 à 14h50






    La question du cannabis met en évidence une fracture droite-gauche, même si la position socialiste n'est pas tranchée. ©
    Reuters


    Les écologistes sont pour, la droite contre. Le point sur cette question qui divise l’échiquier
    politique.
    Pour en finir avec les dealers : le titre du livre de Stéphane Gatignon, maire EELV de Sevran,
    en Seine-Saint-Denis, et de Serge Supersac, policier à la retraite, interpelle. Quelle est leur solution
    miracle ? Légaliser le cannabis. Les deux auteurs, dont l’ouvrage sort mardi aux éditions Grasset,
    proposent de mettre fin aux poursuites des consommateurs et même d’organiser au niveau de l’Etat la
    production et la distribution de cannabis. Une idée pas si révolutionnaire, puisqu’elle est déjà partagée
    par plusieurs mouvements politiques. Tour d’horizon des positions officielles des grands partis.
    A droite,
    un non catégorique


    Les partis de droite opposent tous un non catégorique à la légalisation du cannabis. Au Front national,
    même si le programme est "en cours de restructuration" en vue de 2012, une chose est sûre : "nous
    sommes extrêmement réticents à la légalisation du cannabis", affirme Joëlle Mélin, conseillère régionale
    FN en PACA. Motif principal invoqué, "les dangers pour la santé".
    Pour Bruno Beschizza, en charge des
    questions de sécurité à l’UMP, la légalisation du cannabis est "hors-sujet". Selon lui, ni l’argument
    sanitaire ni l’argument économique ne tiennent : "aucun spécialiste médical ne dit que ce n’est pas
    nocif", et légaliser une drogue douce ferait apparaître "d’autres substances sur le marché", affirme-t-il à
    Europe1.fr. "Dans ce cas, il faut aussi légaliser les kalachnikovs et autres armes de guerre", assène-t-il.
    Au sujet du cannabis, Bruno Beschizza ne préconise qu’une seule solution, "la répression pénale".
    Au
    Modem, on indique être resté "sur la même ligne qu’en 2007", lors de la dernière présidentielle, à savoir
    : "pas de drogue, dure ou douce".

    La gauche moins unanime


    La question du cannabis fait apparaître une réelle fracture droite-gauche. La position distillée par le
    maire de Sevran Stéphane Gatignon, membre d’Europe Ecologie - Les Verts, dans Pour en finir avec les
    dealers
    est sur la droite ligne de celle de son parti. "EELV a toujours été pour la légalisation du
    cannabis. C’est l’une des positions traditionnelles des Verts, jamais remise en cause en interne", affirme
    à Europe1.fr Anne Souyris, responsable du projet du parti pour 2012. La question figure d’ailleurs "dans
    le programme préliminaire" en vue de la présidentielle. Eva Joly, candidate à la primaire EELV, s’est
    déjà prononcée pour, afin de couper court au marché noir et aux réseaux mafieux.
    Même position, et
    même argumentaire au Nouveau parti anticapitaliste, "favorable à la légalisation du cannabis", pour des
    questions de "sécurité", explique à Europe1.fr la porte-parole du parti Myriam Martin. "Aujourd’hui, le
    trafic de cannabis est source d’affrontements", ajoute-t-elle.
    Mais la position de certains partis de gauche
    n’est pas encore arrêtée. C'est le cas du parti communiste (PCF), qui assure à Europe1.fr que tous ses
    membres "ne sont pas d'accord entre eux" pour le moment.
    Au Parti socialiste, "les avis sur les bonnes
    solutions sont pour l'instant partagés. La réflexion est en cours actuellement", explique à Europe1.fr
    Najat Belkacem, secrétaire nationale aux questions de société au PS, et en charge du dossier du
    cannabis.
    Une chose sur laquelle les socialistes s’accordent, "la politique actuellement menée en
    matière de lutte contre l’usage du cannabis est un échec", affirme Najat Belkacem.
    Fruit de la réflexion en
    cours au sein du groupe PS à l’Assemblée nationale, Daniel Vaillant, député-maire PS du XVIIIe
    arrondissement de Paris, ancien ministre de l’Intérieur du gouvernement Jospin, doit publier mi-mai un
    rapport sur la légalisation du cannabis. En 2009, il avait étél’un des premiers élus à lancer l’idée de
    légaliser
    la consommation de cette drogue.
    Contacté par Europe1.fr, le Parti de gauche n’a pas délivré sa
    position.




  6. El siguiente Usuario da las gracias a jean-michel por este Post:

    Paquito (13/11/2013)

  7. #4
    Fecha de Ingreso
    26 May, 05
    Mensajes
    3,756
    Gracias
    0
    2,438 gracias recibidas en 878 Posts
    Mencionado
    20 Mensaje(s)
    Etiquetado
    2 Tema(s)
    Citado
    75 Mensaje(s)

    Re: Point de vue sur les drogues

    Le Docteur Olivenstein affirmait "Il n'y a pas drogués heureux".
    Aujourd'hui des consommateurs affirment le contraire.

    http://blogs.rue89.com/drogues-et-ad...heureux-229506

    Provocation ou profession de foi ? C’est aussi une référence au livre publié en 1977 par le
    Docteur Olievenstein « Il n’y a pas de drogués heureux ».

    Le pape du soin aux toxicomanes a traumatisé bien des usagers de drogues et leur entourage.
    La société française s’est ainsi façonné une image du drogué amoral, ordalique et lamentable.


    Les membres d’ASUD (AutoSupport des Usagers de Drogues) ne partagent pas cette vision
    misérabiliste. Contre l’image du toxico assisté et criminel, nous plaidons pour un usager
    citoyen, intégré et responsable.


    Cela n’existe pas


    Certains affirmeront qu’il est impossible d’être heureux en consommant des drogues. Alors
    pourquoi existe-t-il tant de millions d’usagers au travers des âges ? Les drogues ne
    rencontreraient pas un tel succès si elles n’apportaient pas de plaisir, de socialisation,
    d’apaisement de l’angoisse ou de la douleur physique et morale.

    D’autres certifieront que la lune de miel avec les produits se termine toujours par la
    dépendance et la déchéance. Alors pourquoi sur les 250 millions de consommateurs de
    stupéfiants recensés dans le monde, l’Organisation des Nations unies (page 13 du rapport
    2011
    [PDF] de la Global commission On Drug Policy) estime-elle que moins de 10% peuvent
    être classés comme dépendants ou « consommateurs problématiques de stupéfiants » ?


    La réalité de l’usage de drogues fluctue autour de trois stades : l’usage, l’abus et la
    dépendance. Comment réguler sa consommation pour rester dans la modération ? Comment
    limiter les risques et les dommages en cas d’abus ? Comment limiter l’impact négatif d’une
    dépendance et favoriser le retour à une consommation maîtrisée ou à l’abstinence ? Voilà les
    bonnes questions.


    Qui sommes-nous ?


    Le journal de l’association ASUD a été fondé en 1993 par le sociologue Abdallah Toufik et des
    usagers de drogues regroupés sur le modèle de l’autosupport hollandais, la Junkie bond. Son
    principal objectif était de lutter contre l’épidémie de SIDA chez les injecteurs de drogues en
    diffusant de l’information objective sur les bonnes pratiques de consommation et en militant
    pour une politique de réduction des risques (Rdr) alors quasi-inexistante en France.


    Nous voulions déjà rétablir pleinement la citoyenneté de l’usager et défendre ses droits dans
    les institutions de santé et face aux autorités. Vaste programme encore inachevé. Pour y
    parvenir, nous avons toujours été soutenus financièrement par le ministère de la Santé et des
    organisations privés comme le Sidaction.


    Une politique de santé publique


    Depuis, l’accueil des usagers à bas seuil d’exigence comme l’échange de seringues et les
    médicaments de substitution aux opiacés ont démontré leur efficacité tant sur un plan
    sanitaire que social. La Rdr est maintenant entrée dans la législation française notamment

    par leDécret n° 2005-347 du 14 avril 2005. Avec les interventions en milieu festif, nous avons
    étendu notre champ d’action à d’autres pratiques que le shoot et d’autres produits que les
    injectables, par exemple l’échange de paille pour sniffer, la Rdr du MDMA ou du cannabis.


    La diffusion d’informations objectives, du matériel stérile et des conseils pratiques a permis
    de résorber la contamination par le VIH chez les injecteurs et diminuer les overdoses. Le
    bilan sanitaire en matière de drogues de la vague techno des années 90/2000 est bien moins
    dramatique que celui du rock des années 70/80 malgré une hausse sensible de la poly-
    consommation et de nombreux produits nouveaux. Notre Rdr est une politique de santé
    publique qui fonctionne, un exemple mondial de réussite.


    Que faisons-nous ?



    ASUD est une association nationale avec quatre antennes régionales (Evreux, Orléans,
    Marseille et Nîmes). Les antennes régionales du Sud sont des Centres d’accueil et
    d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues (CAARUD), le bureau
    d’Orléans intervient principalement sur le festif.


    Le bureau parisien s’occupe du journal, du site internetasud.org, de l’édition et de la diffusion
    de nos plaquettes d’information comme le manuel du shoot à moindre risque ou les carnets
    de Roule ta paille pour sniffer propre, de l’Observatoire du droit des usagers (ODU) dont je
    suis le coordinateur, de la représentation des usagers et du programme de réforme de la
    politique des drogues.


    Que préconisons-nous ?


    Nous pensons que la criminalisation et la stigmatisation multiplient inutilement les
    dommages de l’usage de drogues, l’hécatombe du Sida en apporte la preuve, la répression
    discriminatoire et l’incarcération sans résultats tangibles hormis la hausse des
    contaminations en sont une autre (voir la page 6 du rapport GCDP 2012 [PDF]) Nous
    pensons qu’une politique fondée sur des données scientifiques fiables de régulation publique
    du marché des drogues et de réduction des risques et des dommages lié à l’usage serait plus
    efficace que la prohibition et la war on drug.


    Pourquoi ce blog ?


    Pour partager les dernières nouvelles de la planète drogues, pour échanger des expériences
    avec les riverains usagers de drogues (j’en connais), pour faire évoluer l’image des usagers
    auprès des autres riverains (j’en connais aussi) et des lecteurs qui ne commentent pas (ils devraient), pour penser contre soi avec les commentateurs hostiles et faire évoluer notre
    argumentation, nous voulons sortir du petit monde des usagers experts, des experts
    autoproclamés, des scientifiques et des autorités.


    Inspiré par l’affaire Lance Armstrong, nous avons titré notre dernier numéro « Dopage à tous
    les étages ». Ces prochains jours, je vais publier les bonnes feuilles sur ce blog. Puis nous
    partirons en griller un dans un coffeeshop en mémoire de feu le Wietpass.



    Última edición por jean-michel; 09/02/2013 a las 21:02 PM

  8. #5
    Fecha de Ingreso
    26 May, 05
    Mensajes
    3,756
    Gracias
    0
    2,438 gracias recibidas en 878 Posts
    Mencionado
    20 Mensaje(s)
    Etiquetado
    2 Tema(s)
    Citado
    75 Mensaje(s)

    Re: Point de vue sur les drogues

    Le débat évolue rapidement en France, ce n'est plus une "tare" de consommer des produits pas
    forcément légaux, pour le moins on en parle...

    http://www.huffingtonpost.fr/alexandre-grondeau/consomation-cannbis-jeunes_b_2630182.html


    CANNABIS - Ils sont chefs d'entreprises, ingénieurs, traders, étudiants, infographistes, responsables de
    magasins, vendeurs, musiciens, électriciens, pâtissiers.

    Ils sont mariés ou non, croyants ou non, hétérosexuels ou non, ont des passions comme tout le monde:
    sport, musique, littérature.

    Ils paient leurs impôts comme vous et moi, ne partent pas s'exiler en Russie ou en Belgique ou ailleurs
    quand il s'agit de participer à l'effort national.

    Ils font partie des classes moyennes, populaires et aisées. Ils votent, ou pas, s'impliquent, ou non, dans
    la vie sociale ou culturelle de leurs cités, s'engagent dans des luttes justes que bien souvent l'État a
    abandonnées. Ils s'engueulent le dimanche dans les repas de famille et se réconcilient comme toujours
    à l'heure de la sieste.

    Ils sont citoyens français, ont été à l'école de la République et en ont intégré les préceptes et les
    valeurs. Ils sont responsables de leurs actes et sont totalement insérés dans la société française, mais
    pourtant tous les jours ils sont dans l'illégalité parce qu'ils fument un joint ou qu'ils cherchent à s'en
    procurer.

    Ils ont entre dix-huit et soixante dix-huit ans et ils appartiennent à la Génération H dont on ne parle
    jamais si ce n'est pour la décrire comme un groupe homogène d'êtres passifs, lobotomisés par leur
    consommation de cannabis, caricatures post-baba-cool ou néo hippies bourgeois bohèmes.

    Ils ne le sont pas, ou pas tous, en tout cas ils le sont autant que le reste de la population de ce pays.
    Fumeurs réguliers ou occasionnels, ils ne veulent convaincre personne d'essayer le haschisch, mais
    souhaiteraient juste que la société dans laquelle ils vivent leur permette d'éviter de devoir prendre des
    risques en achetant de l'herbe dans des endroits improbables et glauques pour ne pas dire dangereux,
    les dispense du stress de se sentir continuellement dans l'illégalité alors qu'ils ne font de mal à
    personne, leur garantisse la qualité du cannabis qu'ils achètent, ou tout au moins les laisse cultiver de
    quoi fumer tranquillement chez eux.



    Ils ne demandent rien d'autres qu'un peu de respect et de compréhension pour leur pratique et leur
    culture, car il s'agit bien de culture cannabis. Des milliers d'artistes et d'intellectuels ont écrit ou chanté
    leur amour ou leur intérêt pour la marijuana. Des médecins et des scientifiques réputés évoquent ses
    vertus médicinales. Des millions de Français ont testé ses qualités récréatives, festives ou méditatives.
    Des spécialistes de la question évoquent les centaines de variétés d'herbe et de shit existantes,
    l'importance du terroir dans sa production, l'essentialité de l'acclimatation des graines à leur
    environnement. Il existe des foires internationales où l'on déguste ces produits et ou les meilleurs
    produits sont récompensés, comme on peut l'observer dans nos foires de l'agriculture pour le fromage,
    le pain ou le vin.

    Qu'on le veuille ou non, la consommation de cannabis s'est massifiée en France depuis quarante ans. On
    peut fermer les yeux pour ne rien voir, se cacher la vérité qui dérange, faire preuve de mauvaise foi ou
    de rhétorique habile, la ganja appartient désormais à la culture française, au même titre que le vin
    rouge ou le pastis
    . C'est un fait qu'il faut savoir traiter avec mesure et responsabilité. La Génération H
    ne demande qu'une chose: continuer à vivre sa vie tranquillement, à participer à la construction de la
    nation dans un système autre que celui de la prohibition et de la répression contre les simples
    consommateurs de shit et d'herbe.

    Elle n'attend donc qu'une chose: l'autorisation des Cannabis Social Clubs et la permission de pouvoir
    produire chez soi de quoi satisfaire sa consommation.

    Cette fin de la prohibition raisonnable et raisonnée permettrait de contrôler la qualité des produits
    circulant sur le territoire français. Elle permettrait d'en terminer avec le cannabis coupé au caoutchouc,
    au henné ou à la résine de pins, ou l'herbe vendue de piètre qualité. Elle porterait un coup dur aux
    trafics en tout genre et à l'économie informelle. Elle libérerait du temps pour les services de police qui
    pourraient se concentrer sur la lutte contre les mafias et les dangereux criminels. Elle créerait même
    un peu d'emplois et donnerait une nouvelle passion à des centaines de milliers de Français: le
    jardinage.

    Il paraît que cette activité apaise. Il est temps que nos gouvernants l'entendent et se réconcilient avec
    une grande partie de sa population.




  9. El siguiente Usuario da las gracias a jean-michel por este Post:

    Paquito (13/11/2013)

  10. #6
    Fecha de Ingreso
    26 May, 05
    Mensajes
    3,756
    Gracias
    0
    2,438 gracias recibidas en 878 Posts
    Mencionado
    20 Mensaje(s)
    Etiquetado
    2 Tema(s)
    Citado
    75 Mensaje(s)

    Re: Point de vue sur les drogues

    Ce post concerne une association qui travaille depuis presque 20 ans pour la réduction des risques en France.
    C'est sans doute parmi les premiers à avoir abordé l'usage des drogues sous cet angle.


    http://www.technoplus.org


    http://www.technoplus.org/t,1/1016/cannabis

    http://www.technoplus.org/t,1/1017/champis

    http://www.technoplus.org/t,1/1019/coke

    http://www.technoplus.org/t,1/1020/ghb/gbl

    http://www.technoplus.org/t,1/1021/keta

    http://www.technoplus.org/t,1/1026/taz-/-mdma

    http://www.technoplus.org/t,1/1022/lsd

    http://www.technoplus.org/t,1/1024/rabla/hero

    http://www.technoplus.org/t,1/1025/speed

    J'ai fait une sélection tout à fait arbitraire de quelques pages du site mais il propose bien d'autres infos...


  11. El siguiente Usuario da las gracias a jean-michel por este Post:

    Paquito (13/11/2013)

  12. #7
    Fecha de Ingreso
    26 May, 05
    Mensajes
    3,756
    Gracias
    0
    2,438 gracias recibidas en 878 Posts
    Mencionado
    20 Mensaje(s)
    Etiquetado
    2 Tema(s)
    Citado
    75 Mensaje(s)

    Re: Point de vue sur les drogues

    Blog "Un monde cent drogues ?" sur LeMonde.fr
    message de Pierre Chappard sur reductiondesrisques.fr:

    Bonjour,

    c'est avec plaisir que nous (Jean-Pierre Couteron et Pierre Chappard) vous annonçons la création d'un blog invité surLeMonde.fr, intitulé "Un monde cent drogues ?".

    Après avoir écrit à 4 mains le livre "Salle de shoot, les salles d'injection supervisée à l'heure du débat français", l'équipe duMonde.frnous a proposé d'animer un blog invité pour continuer cette collaboration.

    Comme le livre, ce blog se veut particulier en ce qu'il sera le fruit de deux regards différents mais complémentaires : celui d'un usager de drogues activiste, et celui d'un professionnel des addictions.
    Grâce à ce double regard croisé, nous souhaitons enrichir et démocratiser le débat sur les politiques de drogues, en commentant son actualité. L'objectif est de réduire la fracture entre le discours des spécialistes, souvent inaudibles, et le grand public, et ainsi de contribuer à rendre à la politique des addictions ses lettres de noblesses : qu'elle soit moins une histoire de peur et de fantasme, et plus une affaire de raison et d'échange d'arguments en vue de résoudre un problème.

    Les premiers articles du blog :
    - Le drug tsar britannique pousse un cri d’alarme sur les « legal high »
    - La police de Montréal découvre un nouvel opiacé synthétique 40 fois plus puissant que l’héroïne : l’arbre qui cache la foret
    - Cannabis : L’AMA (Agence mondial anti-dopage) préfère les dopés aux drogués
    - Les nouveaux produits psychoactifs de synthèse (NPS)
    - En France, la marche Mondiale du cannabis ne fait pas avancer le débat!



    Nous vous souhaitons bonne lecture.

    Cordialement,

    Pierre Chappard et Jean-Pierre Couteron

  13. #8
    Fecha de Ingreso
    26 May, 05
    Mensajes
    3,756
    Gracias
    0
    2,438 gracias recibidas en 878 Posts
    Mencionado
    20 Mensaje(s)
    Etiquetado
    2 Tema(s)
    Citado
    75 Mensaje(s)

    Re: Point de vue sur les drogues

    Interview de Alexander Shulgin sous-titrée en français.

    http://www.vice.com/fr/hamiltons-pharmacopeia


    Alexander Shulgin et l’auteur de cet article


    J’aime Alexander Shulgin. C’est mon idole, mon héros, mon soleil, mon O2. J’ai aimé chacune des
    978 pages de son œuvre maîtresse sur les phényléthylamines, PiHKAL (Les Phényléthylamines que
    j’ai connues et aimées – une histoire d’amour chimique
    ), et chaque milligramme de son traité de 1,13
    kilo sur les tryptamines,TiHKAL (Les Tryptamines que j’ai connues et aimées). Au-dessus de mon lit,
    j’ai épinglé une grande photo de Shulgin et de sa femme Ann, enlacés. Alexander est le grand-père
    de l’ecstasy, le magicien de la molécule, le conquistador de l’atome. Il a créé plus de drogues
    psychédéliques en l’espace de cinquante ans que la jungle amazonienne depuis que le monde est
    monde. Il tient plus de la créature mythologique, du centaure chimique, que de la personne réelle.
    Pourtant, son existence est avérée, comme je me prépare à en attester.



    Après des années de préparation mentale, j’ai appelé chez les Shulgin pour une interview, à ce qu’il
    paraît. C’est le genre de coup de fil qui se prépare en griffonnant sur une fiche cartonnée une
    multitude de répliques potentielles. Le genre d’événement qui requiert une intense méditation
    prétéléphonique : respirer profondément, se répéter des phrases de gagnant, fermer les yeux et
    s’auto-hypnotiser, se racler la gorge cinq fois pour s’éclaircir la voix. D’une manière ou d’une autre,
    j’ai réussi à composer le numéro de téléphone, et, alors que j’écoutais la tonalité, deux secondes
    d’ondes sinusoïdales, suivie d’un tronçon de quatre secondes de silence exophtalmique, mon nez
    s’est mis à saigner d’anticipation. C’est Ann qui a répondu.



    On a discuté ; elle m’appelait « chéri », ce qui me comblait de joie, et avait un accent néo-zélandais
    inattendu. Ann m’a appris que Sasha (c’est le surnom d’Alexander) n’accordait plus d’interviews – il
    économise son énergie pour finir son dernier livre et travailler dans son labo. En entendant ça, je lui
    ai expliqué que je ne requérais pas spécifiquement une interview. Je voulais juste le rencontrer.
    Finalement, on s’est dit que je pouvais passer le voir avant sa visite chez le cardiologue. Elle m’a
    bien précisé que si mon rendez-vous avec lui devait devenir une interview, ça serait sa dernière.
    J’étais transporté de joie.



    Bien qu’Alexander Shulgin ne soit pas exactement un nom qui fasse rêver dans les chaumières,
    c’est celui du chimiste psychédélique le plus important qui ait jamais existé. Ceux qui le connaissent
    sont souvent uniquement au courant du rôle qu’il a joué dans la redécouverte et la popularisation du
    MDMA. Mais le MDMA est seulement l’une de la centaine de substances chimiques qui composent
    sa pharmacopée, et qui vont si loin dans l’inconnu qu’il doit inventer de nouvelles expressions pour
    décrire leurs effets (« l’œil qui folâtre » est ma préférée). Parmi ces drogues, des hallucinogènes
    auditifs et tactiles sélectifs, des psychédéliques qui dilatent le temps ou mettent leur consommateur
    dans un état de confusion amnésique, des antidépresseurs, des aphrodisiaques, des stimulants, des
    empathogènes, des entactogènes, des neurotoxines et au moins un insecticide très rentable. Il y a
    aussi des médicaments très utiles à l’homme, et, bien que seule une fraction d’entre eux aient fait
    l’objet d’études sérieuses, ce sont les meilleurs outils dont on dispose pour comprendre la
    composition chimique du cerveau humain.






    Un collage intitulé Câlin psychédélique par William Rafti, un fan de Shulgin : Rafti fait aussi du
    tatouage et des dessins sur buvard




    La carrière de Shulgin a démarré à Dow Chemical, où il s’est fait un nom en synthétisant le Zectran,
    le premier insecticide biodégradable. Suite à ce succès, il a eu carte blanche pour travailler sur les
    substances chimiques de son choix. Il a opté pour les psychédéliques. Il a créé une amphétamine
    appelée DOM, qui, à l’époque, se situait juste derrière le LSD en termes de puissance. Les effets
    d’une bonne dose pouvaient durer au moins 48 heures. En 1967, Nick Sand, le chimiste de Brooklyn,
    s’est rendu compte du potentiel commercial du DOM. Il a construit un laboratoire industriel à San
    Francisco, où il s’est mis à cuisiner du DOM dans des soupières de plusieurs hectolitres, et à le
    vendre par kilos aux Hells Angels. Les motards ont distribué des dizaines de milliers de comprimés
    de 20 mg de DOM à travers les États-Unis. L’afflux de DOM a permis à des hordes de hippies d’être
    défoncés au Human Be-In du Golden Gate Park, en 1967.



    Pendant ce temps, à moins d’un block de Tompkins Square Park, la police de New York défonçait la
    porte d’une chapelle psychédélique appelée Church of the Mystifying Elation (ndlr : l’Église de
    l’exaltation déconcertante, à peu près
    ). Ils ont mis la main sur un paquet de psychédéliques d’une
    valeur de 8 millions de dollars, dont 1 500 doses de DOM, deux plants de marijuana, et « de
    nombreux matelas ». La presse a relaté de nombreuses histoires de gens défoncés au DOM qui
    atterrissaient aux urgences ; un type de Manhattan a ingéré une dose avant de pratiquer le seppuku,
    s’éventrant à l’aide d’un katana le jour de la Fête des mères. À cette époque, la drogue était encore
    largement méconnue, et le New York Times en parlait, au choix, comme le proche parent d’un gaz
    neurotoxique secret ou comme le « caviar des drogues psychédéliques ». Finalement, on a
    découvert que le DOM était le produit de recherches pharmaceutiques légitimes conduites à Dow
    Chemical par un chimiste encore inconnu. Sans surprise, ça a rendu Dow très mécontent. Une fois
    que la source a été identifiée, les liens de Shulgin avec l’entreprise ont été rompus.



    Libre de tout engagement avec Dow, Shulgin s’est installé un laboratoire personnel dans son arrière-
    cour et s’est mis à faire des recherches sur les drogues en toute indépendance, conscient que les
    substances chimiques qu’il créait pouvaient potentiellement trouver un chemin dans les têtes de
    millions de personnes. Il se faisait un devoir de goûter personnellement chaque nouveau composé
    et, s’il estimait que ça en valait le coup, il les testait sur sa femme et ses amis, en mettant toujours
    l’accent sur les propriétés sexuelles des psychédéliques (ou comme il l’appelle, « l’érotique »). En
    l’espace de cinquante ans, il a étudié les structures psychédéliques d’une façon exhaustive et a
    élaboré une gamme qui rivalise avec la production de beaucoup de grandes industries
    pharmaceutiques. Tout en conservant son équilibre mental et son flegme d’homme élégant en jouant
    du violon alto, en donnant des cours à l’université, et en prenant part aux soirées élitaires de
    Bohemian Grove1. Quand je suis arrivé chez les Shulgin, à Lafayette en Californie, Alexander se
    tenait tranquillement assis dans sa cuisine. J’ai traversé la baie vitrée, j’ai salué Shulgin, puis je l’ai
    étreint, ce qui a fait naître chez moi un sentiment d’euphorie bien plus grand que sous MDMA. On
    s’est désemboîtés et il m’a posé une charade : « Tu pourrais me citer les deux mots, en anglais, qui
    commencent avec deux a
    ? »







    1
    Un endroit où, je le sens, il a « goûté » à de nombreux psychédéliques en compagnie de divers
    capitaines d’industrie. D’après un de ses amis, on l’a vu proposer au patron de Boeing de lui
    apprendre « une nouvelle façon de voler ».






    J’ai réfléchi un moment avant de répondre : « Y’a aardvark... »



    « Oui, c’est bien, et l’autre ? »



    « Je ne sais pas. Je n’arrive pas à en trouver un autre. »



    Il a baissé la tête et a dit, dans un murmure grave : « Aardwolf. »



    « Aardwolf ? », j’ai demandé, mais il s’était déjà levé et engouffré dans le couloir afin d’en rapporter
    un gigantesque dictionnaire jaune, qu’il a laissé tomber sur la table de la cuisine et poussé vers moi.
    Ouais, le mot existait bel et bien, et à sa demande j’ai lu la définition tout haut :




    aard·wolf
    \-'wu·lf\ n, pl aard·wolves \·-lvz\ [Affric, fr.
    aard earth + wolf; akin to OE wolf wolf–more at WOLF]
    1: quadrupède sud- africain ressemblant à une hyène,
    à fourrure rayée, possédant des pieds antérieurs à cinq
    orteils et une crinière indéniable, qui se nourrit, entre
    autres, de termites, et qu’on classe souvent en tant que
    hyénidé, alors qu’il appartient à la famille des
    protélidés. 2 : quelque chose de (très) surprenant et
    sans relation avec un psychédélique, qui me trouble
    [voir aussi : JE NE SUIS PAS PRÉPARÉ À ÇA]



    « OK », a décrété Shulgin, satisfait. « On a résolu cette énigme. Mais maintenant, vous savez ce que
    c’est, une
    lowène ? »



    « Non, qu’est-ce que c’est ? », j’ai demandé, crédule.



    « C’est l’opposé d’une highène. »



    « Ah ah ! » J’ai uriné un microlitre dans mon caleçon et changé de sujet. « Je vous ai apporté une
    tarte aux pêches. Vous en voulez une part ?
    »



    Il a répondu à ma question par une autre question : « Combien de chiffres apparaissent à la droite de
    la virgule de
    π? »



    « Seulement un. » J’étais tellement nerveux que j’ai confondu ma droite et ma gauche, mais Shulgin
    a réajusté le tir de sa question.



    « OK, donc quelle est la valeur de π? 3,14159265... Mais combien de chiffres peuvent apparaître
    après la virgule de π, ou dans n’importe quel nombre rationnel ?
    »



    « Potentiellement, un nombre infini. »



    « C’est ça, et il est grand comment cet infini ? »



    « Euh, pardon ? »



    « Cet infini, il est grand comment ? »



    « C’est difficile de répondre à cette question », j’ai répondu.



    « Je vais vous poser une autre question pour que vous puissiez faire une comparaison : combien de
    nombres se trouvent après la virgule ? Un seul ? Un nombre infini ? Pas seulement un nombre infini,
    mais un nombre infiniment plus grand que l’infini.
    »



    « Comment c’est possible ? Ah, OK, attendez... »



    De là, notre conversation a serpenté sur des territoires similaires. On se parlait surtout en énigmes,
    incluant – liste non exhaustive – des palindromes numériques, des palindromes à trait d’union (ou
    sans), les unités de masse du système international – surtout les femtogrammes –, les mots qui
    commençaient par la lettre « x » et les mots qui commençaient par le son [x], les ambiguïtés de la
    classification des cactus, le pluriel correct du mot « fungus » (il en existe trois variantes et quatre
    façons de le prononcer2), et une analyse de la tarte aux pêches que j’avais ramenée en tant
    qu’hypothétique nouvelle drogue psychédélique (5-MeO-TARTEAUXPÊCHES). On m’a demandé
    de calculer la portion appropriée pour la goûter. En extrapolant à partir des données de son plus
    proche analogue, le 5-MeO-TARTEAUXPOMMES, on s’est décidés pour une part d’un femtogramme
    (pour des questions de sécurité). Ensuite, Shulgin a enfilé ses sandales par-dessus ses chaussettes
    noires, attrapé sa canne argentée et suggéré : « Rendons-nous au laboratoire, voulez-vous ? »



    Avant que nous n’y allions, Ann nous a apporté une grande carafe glacée de limo nade à la fraise.
    J’ai dû me répéter que c’était Ann Shulgin – la pionnière de la pratique de la psychothérapie à base
    de MDMA –, la femme qui, dans cette même maison, peut-être même dans la pièce où je me
    trouvais, faisait usage du MDMA et du 2C-B pour tout traiter, de la dépendance au protoxyde d’azote
    à la possession démoniaque (ou *plutôt, techniquement, le harcèlement démoniaque post-exorcisme),
    souvent avec des patients qui se trouvaient guéris, alors que la thérapie conventionnelle par la
    parole aurait pu seulement commencer à les soigner. J’ai bu quelques gorgées de sa limonade, mes
    yeux se sont perdus au-delà de leurs tableaux de laine huichol, au travers d’une fenêtre qui avait la
    même forme que le mont Diablo, et j’ai soupiré. « Je vous sers avec les doigts, j’espère que ça ne
    vous ennuie pas
    », a dit Ann alors qu’elle mettait plus de glaçons dans mon verre. « Pas du tout »,
    j’ai dit. Elle aurait pu me servir avec ses orteils, ça ne m’aurait pas plus gêné.







    2
    En anglais, « fungi », « fungus », et « funguses ». Il convient de préciser que le type qui a soulevé
    la question a également publié un éditorial de 2 pages dans le Journal of Clinical Toxicology dédié à
    l’incongruité de ces gens qui mettent abusivement au pluriel le mot « amphétamine ». S’il vous plaît,
    dans le futur, rappelez-vous que l’Adderall contient de l’amphétamine, et pas des amphétamines.







    Un message amical à l’attention de la DEA, au cas où ils essaieraient de harceler Shulgin




    Après avoir savouré ma limonade, j’ai fait une petite balade nystagmique le long du couloir, jusqu’à
    la salle de bains. Le motif en croisillons de diamants noirs du papier peint était exactement le même
    que celui qui avait tendu la main à Shulgin avant de la lui serrer, comme il l’a raconté dans un
    compte rendu sur les effets hallucinatoires du TMA-6 3, lors de ses premiers essais. Alors que j’étais
    debout au-dessus des toilettes bleu cobalt, essayant d’uriner, j’ai médité sur le contenu de sa fosse
    septique – un trésor pharmaco cinétique, qui recelait sans nul doute la collection la plus variée de
    métabolites urinaires et fécaux psychédéliques !



    Même la petite serviette éponge couleur bordeaux de Shulgin ou son bain de bouche à l’huile
    essentielle de gaulthérie retenaient mon attention. J’ai eu du mal à pisser.



    Je suis sorti des toilettes, et j’ai retrouvé Shulgin qui m’attendait dans l’arrière-cour. On a descendu le
    chemin en pierre scintillant qui menait à son laboratoire. Le soleil brillait au travers des feuilles des
    arbres, jetant des ombres sur sa collection gargantuesque de cactus psychédéliques, qui comptait un
    enviable Trichocereus bridgesii var. monstrose (un cactus mou en forme de phallus qui contient de la
    mescaline, surnommé « plante pénis »). On a dépassé un tuyau d’arrosage enroulé, que Shulgin
    avait déroulé de façon spéculative, une fois, en testant les effets de ALEPH-1, et le laboratoire est
    devenu visible alors qu’on traversait un petit pont métallique. Envahi par les plantes grimpantes,
    c’était une maisonnette en patchwork de tôle ondulée et de plastique d’où émanait l’odeur âcre de
    renfermé du DMT. Shulgin s’est exclamé : « Oh oh oh ! » en ouvrant la porte.



    La laboratoire était une jungle Pyrex, un déluge de borosilicate, un bouquet de burettes, avec toutes
    sortes de bouchons de caoutchouc vulcanisé. Des dessiccateurs, des papillons épinglés, des
    bocaux à conserve remplis d’une sorte de boue, certainement des champignons marinés. Pressés
    derrière une glace, trois brins d’ivraie contaminés par la fameux sclérote pourpre foncé du Claviceps
    purpurea
    , le précurseur fongique du LSD et la moisissure responsable du fléau du feu de Saint
    Antoine – le mal des ardents. Sur le tableau, le schéma d’une molécule à synthétiser, que j’ai
    reconnue comme étant le 3,4-MD-4-methylaminorex – un dérivé du psychostimulant hautement
    euphorique, le 4-methylaminorex, qui au milieu des années 1980 a atteint le statut de drogue culte
    sous le surnom de « U4Euh ». Sous le schéma moléculaire, une simple légende : « FAIS-MOI ! »







    3
    La première modification chimique que Shulgin a apportée à la molécule de la mescaline consistait
    en l’ajout d’un atome de carbone à l’une des chaînes de l’éthylamine, ce qui a donné une
    amphétamine, la TMA. De là, il a développé les TMA-2, 3, 4, 5 et 6. Ces molécules ont eu un succès
    modeste au Japon et aux US. Shulgin a bien aimé la TMA-6, bien qu’elle rende ardue l’action de «
    toaster le toast dans le toaster », selon lui.







    Un aperçu de la jungle Pyrex




    Sur la table, une collection de flasques à fond rond, toutes recouvertes d’une fine couche croûteuse
    de tryptamine. Une flasque était étiquetée 5-MeO-MALT, une autre 5-MeO-NALT. Shulgin s’est mis à
    m’expliquer : « DALT, c’est le premier – le diallyle – et le méthylallyle, c’est MALT. Ensuite il y a
    EALT et après...
    » Il a pincé les lèvres et en a fait sortir un occlusif : « PALT et iso-PALT et ainsi de
    suite. 5-MeO-DALT était une molécule active, donc j’ai poussé plus loin dans cette direction.
    Normalement, quand j’in vente une molécule et qu’elle devient populaire, ils attendent environ quatre
    ans pour l’interdire. Mais là, j’avais envoyé à un ami la façon de synthétiser le 5-MeO-DALT. Il a mis
    ça sur Internet, et un mois plus tard c’était synthétisé en Chine et envoyé, via l’Europe, jusque dans
    ce pays. Maintenant on peut en trouver dans la rue !
    »



    Quelques éclaircissements sur cette déclaration : le 24 mai 2004, Shulgin envoie un e-mail à un
    psychonaute nommé Murple concernant la synthèse et les effets du 5-MeO-DALT. La description est
    du même format qu’une entrée de TiHKAL, et Shulgin précise à son ami que ça a vocation à faire
    partie de son prochain livre. Le même jour, Murple poste la recette du 5-MeO-DALT sur son site
    personnel. Le 25 juin, ça devient disponible publiquement dans un laboratoire du marché gris, à 200
    dollars le gramme. Le 25 septembre 2004 – la substance est disponible sur le marché depuis trois
    mois – la première overdose de 5-MeO-DALT rendue publique se produit quand un type de Floride
    en avale accidentellement 225 mg (soit plus de onze fois la dose maximale testée par Shulgin), au
    beau milieu de l’ouragan Jeanne. Il survit à l’expérience et se met à partager ses intuitions sublimes,
    telles que : « Ozzy et le reste ne se mélangent pas bien du tout avec cette substance. »



    Si Shulgin ne fait qu’esquisser l’ébauche d’une louange à propos d’une nouvelle drogue, celle-ci
    franchira presque à coup sûr les frontières internationales en quelques mois. Si quelqu’un meurt
    après avoir pris une de ces substances, ça fait l’objet d’une campagne médiatique grossière, un
    scandale public, et beaucoup d’agences gouvernementales de lutte contre les produits stupéfiants
    vont placer la substance en question sur leur liste de priorités. La Grande-Bretagne est allée jusqu’à
    interdire la liste entière de drogues présentée dansPiHKAL, en une seule loi. Malgré ses détracteurs,
    Shulgin demeure fermement convaincu que ses recherches doivent rester publiques, dans un but
    éducatif – que ce soit en direction du gouvernement ou des accros au DXM. Pourtant, il existe un cas
    où Shulgin a considéré que ses révélations chimiques seraient trop instructives pour les rendre
    publiques. En testant une amphétamine qu’il a baptisée ALEPH-1 4, il a écrit dans son carnet de
    notes : « Ne parler à PERSONNE de cette drogue, de façon à ce qu’elle ne puisse jamais être
    répertoriée et qu’on ne puisse pas essayer de la supprimer... S’obstiner, dans les publications
    scientifiques, dans des domaines périphériques afin de faire diversion. Conserver tous les travaux en
    cours dans mes carnets. Le coder “SH” – trop instructif.
    » C’était « trop instructif » parce Shulgin
    pense que l’ALEPH-1 est « l’essence du pouvoir » et que si la DEA découvrait la molécule, ils
    essaieraient de l’anéantir. Quand je lui ai demandé s’il avait jugé utile de ne pas révéler d’autres
    découvertes, il a dit : « Non, il faut publier. » Mais une partie de moi se demande tout de même s’il
    existe un carnet spécial étiqueté « SH », planqué sur une étagère pleine de toiles d’araignées.







    4
    Shulgin a créé une série de dérivés soufrés d’amphétamine, qu’il a appelés comme la lettre
    hébraïque א. ALEPH-1 a été le premier d’entre eux. Fidèle à sa méthode de titrage vigilant, la
    première dose qu’il a absorbée était de 250 nanogrammes. Au bout de 18 essais, il a atteint la dose
    d’un milligramme. Ça a fait exploser une bombe H intellectuelle dans son cortex préfrontal.







    Une étagère de réactifs, de solvants, et un large flacon d’héliotropine – un précurseur du MDMA




    Plus tard dans la journée, Paul D., le collaborateur de Shulgin, nous a rejoints. Ils se connaissent
    depuis plusieurs décennies, mais Paul est devenu l’assistant de Shulgin l’année dernière. J’ai
    demandé à Paul s’il avait essayé une des nouvelles tryptamines sur lesquelles ils travaillaient en ce
    moment, et il a secoué la tête négativement : « Non, Sasha est toujours le premier à essayer les
    nouvelles substances.
    » La raison pour laquelle Shulgin est toujours le premier à expérimenter ses
    créations est parfaitement altruiste. Il veut protéger sa famille et ses amis d’un éventuel effet toxique
    inattendu du produit chimique créé, une attaque épileptique, par exemple. Mais je soupçonne aussi
    Shulgin de se réserver le premier essai pour une autre raison : la sensation de synthétiser une
    nouvelle drogue et de l’ingérer, un truc qui ne peut arriver qu’une fois ; c’est une drogue en soi. C’est
    comme briser un hymen transdimensionnel et neurochimique. En un sens, c’est la seule drogue qui
    l’ait rendu vraiment accro. Demandez à Shulgin quel est son psychédélique préféré, il vous répondra
    : « 2C-B » sans hésiter. Demandez-lui combien de fois il en a pris, il dira : « Pas beaucoup. » C’est
    un mec qui a eu approximativement 10 000 expériences psychédéliques. Et aucune drogue, même
    pas son 2C-B5 adoré, a meilleur goût que ce qui n’a encore jamais été goûté.



    Paul a ramené des douzaines de boîtes en carton vert remplies de produits chimiques. À l’intérieur,
    une histoire physique de la pharmacopée de Shulgin. Le travail d’une vie, contenu dans des fioles
    d’un centilitre. La collection était suprêmement émoustillante, à la limite de la pornographie. Mon
    rythme cardiaque s’est accéléré et mes sourcils se sont mis à transpirer, alors que j’essayais d’éviter
    des comportements indignes de type Tex Avery, tels que haleter, siffler, hurler, ou laisser mes yeux
    sortir de ma tête. Il a ôté le couvercle, découvrant 100 alvéoles indexées de façon alphanumérique et
    contenant des fioles en verre. Les alvéoles vides avaient été occupées un jour par des drogues du
    tableau 1. Sur chaque étiquette, un schéma moléculaire tracé à la main. La plupart de ces
    substances n’existaient nulle part ailleurs dans l’univers connu. Shulgin n’est pas seulement un
    chimiste, c’est un collectionneur. Très tôt dans sa carrière, il a nourri l’ambition d’accumuler toutes
    les drogues psychoactives du monde, mais il a finalement compris qu’il ne pourrait pas suivre. À en
    croire la fiche d’index, le contenu (partiel) du carton que Paul avait ouvert incluait trichocéréine,
    curare (brut), isomescaline, amphétamine, R-DOM, MDMA, DET, DiPT, scopolamine,
    benzphétamine, aspirine, ésérine, berbérine, papavérine, chlorhydrate de codéine, aconitine,
    thébaïne, pilocarpine, oxycodon, oxymorphone, plusieurs échantillons médico-légaux de PCP datés
    et étiquetés « PCP illicite 1975 », et ma vieille amie la Ritaline.







    5
    2C-B est l’archétype du psychédélique shulginien. Il possède toutes les qualités valorisées par
    Shulgin : puissant, chaud, corporel, associatif, en plus de n’avoir montré aucune trace de toxicité
    pour le corps humain, et d’avoir un effet court – idéal pour la psychothérapie. Il est aussi extrêmement
    « érotique ». Shulgin a déclaré : « S’il existe effectivement une substance aphrodisiaque, et si on
    devait la trouver, ce serait probablement modelé sur la structure du 2C-B. » Malheureusement, ça a
    été interdit après une brève période d’autorisation sur le marché en tant que stimulant sexuel,
    largement distribué sous le nom Ubulawu Nomathotholo par des chamans sud-africains (une histoire
    incroyable, pour une autre fois).







    L’auteur caressant un spécimen de Trichocereus bridgesii var. monstrose, alias le cactus pénis ;
    c’était très « érotique »




    Devant le laboratoire, Paul farfouillait dans une autre boîte de boîtes, qui contenait au moins 1 000
    fioles supplémentaires. « La plupart sont des produits de réaction – de l’huile de 3-
    méthoxybenzaldéhyde
    », a-t-il déclaré en débouchant une fiole pour la porter à son nez. « Ça a une
    odeur intéressante
    », a-t-il commenté avant de me la passer. J’ai appuyé sur une de mes narines et
    j’ai pris une grosse bouffée. Ça sentait un peu le Vicks VapoRub, et ça a envoyé une atroce
    décharge nauséeuse à travers mon corps, accompagnée instantanément de pulsations
    douloureuses dans ma tête. Malgré ça, j’étais content d’avoir accueilli dans mon sang quelques
    femtogrammes de la collection chimique de Shulgin. Paul a con tinué : « Ça, c’est du 2-
    éthoxybenzaldéhyde.
    » Il en a respiré un peu et m’a passé la fiole, comme si on était en train
    d’apprécier le bouquet d’un vin fin. « Des produits de réaction dans la production d’amphétamines et
    de phényléthylamines...
    » Il a sorti une fiole pleine de cristaux jaune canari et en a déchiffré la
    structure moléculaire inscrite sur l’étiquette. « C’est un diphényle... » J’ai tendu le cou pour regarder
    la fiole, complètement hypnotisé, jusqu’à ce que Shulgin s’exclame : « Allons déjeuner ! » Nous
    avons marché jusqu’à la maison, et j’ai partagé une pizza brûlante avec Ann. Shulgin a opté pour un
    sandwich aux œufs durs. C’était un déjeuner d’été décontracté, avec le plus grand chimiste
    psychédélique du monde. Soudain, Paul a fait irruption dans la pièce, le souffle court : « Une équipe
    de scientifiques au Japon a découvert une synthèse en douze étapes de la salvinorine A ! »
    Shulgin
    avait l’air impressionné. « Eh bien, ça c’en est une difficile, a-t-il décrété. Un trésor de symétrie. Tu
    sais, la salvinorine possède 128 isomères possibles.
    » J’aurais voulu que cette journée ne finisse
    jamais.



    Je suis resté assis, regardant (ou, plus précisément, reluquant) Shulgin mâcher son sandwich aux
    œufs durs, je pensais à l’influence surhumaine de son travail sur le monde. Les centaines de morts,
    les millions de bad trips, les dizaines de milliards de dollars échangés sans qu’il en perçoive un seul,
    les millénaires cumulés de peines de prison, les trillions d’expériences initiatiques, les décalitres de
    larmes de joie, les décibels d’éclats de rire, et ainsi de suite. Je voulais lui dire à quel point il avait
    changé ma vie, lui offrir mille génuflexions hystériques de gratitude pour tout ce qui m’était arrivé
    alors que j’avais pris des substances qu’il avait créées, et dont il avait été le chantre. Mon lit qui
    s’écroule sous 2C-B. Un programmeur informatique qui me berce comme un enfant alors que je suis
    par terre, mourant, sous DOC. Mordre une pomme croustillante sous 2C-E. Trouver un pot de lait
    tourné sur un perron et me faire attaquer par un chien sous DiPT. Me faire dessiner comme si j’étais
    Enrique Iglesias par le portraitiste de Central Park sous 4-HO-MiPT. Mémoriser le schéma de
    Hertzsprung-Russel sous 2C-D. Enfoncer mon visage dans une perruque trempée trouvée dans un
    taxi sous 4-HO-MET. Toutes ces choses merveilleuses et sacrées.






    Pas facile de dire au revoir




    J’ai demandé la permission de retourner au laboratoire pendant que les Shulgin finissaient de
    manger. On m’y a autorisé et j’y suis retourné, pour toucher, sentir, examiner les choses en silence. Il
    y avait beaucoup de *compartiments vides dans les cartons verts, là où les 5-MeO-DiPT, 2C-B, DOB
    et DOM avaient un jour été rangés – ce sont les cicatrices que porte sa collection. Mais, il est
    impossible de désinventer une molécule. Que Shulgin ait créé ces molécules et publié leurs
    synthèses assure leur survie. Ce n’est pas un miracle qu’il sautille encore, à 84 ans. Il a d’ailleurs dit
    que sa nouvelle création, le 5-MeO-MALT, est déjà active à 1,8 mg, ce qui suggère que ça pourrait
    avoir un potentiel énorme. Mais il a aussi dit que, comme il vieillissait, les doses requises pour lui
    faire de l’effet avaient significativement diminué. « Un effet de seuil ? », j’ai demandé. Il a marqué
    une pause. « Oh, un “effet”. J’avais compris “fesse” ! »



    Si effectivement cette non interview était sa dernière, ça m’a laissé partiellement sur ma faim. J’ai
    encore tellement de questions. Mais ma visite chez les Shulgin m’a fait prendre conscience qu’il était
    peut-être temps pour moi de répondre à mes propres questions. Ce qui est juste et bon, un cadeau,
    même. Il a, après tout, répondu plus qu’assez. Nonobstant, il m’a été difficile de quitter son
    laboratoire. Je voulais me cacher dans la poubelle ou dans l’arbre pour pouvoir rester ; je ne voulais
    vraiment pas que cette histoire finisse.



  14. #9
    Fecha de Ingreso
    26 May, 05
    Mensajes
    3,756
    Gracias
    0
    2,438 gracias recibidas en 878 Posts
    Mencionado
    20 Mensaje(s)
    Etiquetado
    2 Tema(s)
    Citado
    75 Mensaje(s)

    Re: Point de vue sur les drogues

    JM BAYLET patron du journal "La dépêche" et homme politique qui lutte depuis longtemps pour une
    autre politique du cannabis.


    http://www.jeanmichelbaylet.fr/2013/08/02/legalisation-de-la-consommation-de-marijuana-«-luruguay-demontre-encore-une-fois-quil-se-situe-a-lavant-garde-des-combats-societaux-»/

    Légalisation de la consommation de marijuana : « l’Uruguay démontre, encore une fois, qu’il se situe à l’avant-garde des combats sociétaux. »

    Posted on 2 août 2013 | JMBaylet


    Jean-Michel Baylet salue le vote de la chambre des Députés d’Uruguay
    qui a adopté un projet de loi visant à légaliser la consommation de marijuana. Le texte, qui
    doit encore être adopté par le Sénat, est beaucoup plus ambitieux que
    les lois de dépénalisation en vigueur, aux Pays-Bas notamment.

    « Le président uruguayen, M. José Mujica, a fait preuve de courage et de
    pragmatisme. En effet le projet de loi prévoit le contrôle de la
    production et de la vente de marijuana par l’Etat, la vente se faisant
    dans les pharmacies. »
    Jean-Michel Baylet rappelle qu’il a porté, lors
    de la campagne des primaires citoyennes, une proposition similaire en
    faveur de « la légalisation du cannabis pour assécher les sources de
    financement des trafics de drogues, ainsi que le renforcement des moyens
    des brigades de lutte contre les trafics de stupéfiants, qui sont à
    l’origine de nouvelles formes de criminalité organisée toujours plus
    violentes ».

    Pour le Président du PRG, de telles lois ne sont pas
    permissives, elles marquent, au contraire, la volonté de l’Etat de mener
    une politique ambitieuse en matière de contrôle de la production, de la
    vente (dans les pharmacies), de la consommation de cannabis et de lutte
    contre les trafics. Il déposera un projet de loi en ce sens au Sénat
    prochainement.
    Selon une étude de l’Observatoire français des drogues
    et des toxicomanies, en 2011, 41,5 % des jeunes de 17 ans déclaraient
    avoir fumé du cannabis au cours de leur vie et 22,4 % d’entre eux
    déclaraient avoir consommé du cannabis au cours du dernier mois.

    « La France ne peut faire l’économie d’un véritable débat sur la consommation
    de cannabis et de marijuana et sur la lutte contre les trafics qui
    gangrènent certains de nos quartiers et alimentent la délinquance »
    déclare le Sénateur de Tarn et Garonne, par ailleurs membre du groupe
    d’amitié France-Pays du Cône sud.
    « l’Uruguay démontre, encore une
    fois, qu’il se situe à l’avant-garde des combats sociétaux. » Pour
    rappel, en avril dernier, ce pays d’Amérique du Sud avait voté
    l’ouverture du mariage aux personnes de même sexe, avec le soutien de la
    majorité et d’une partie de l’opposition, au terme d’un débat
    respectueux et qui s’était déroulé sans débordements homophobes.


  15. #10
    Fecha de Ingreso
    26 May, 05
    Mensajes
    3,756
    Gracias
    0
    2,438 gracias recibidas en 878 Posts
    Mencionado
    20 Mensaje(s)
    Etiquetado
    2 Tema(s)
    Citado
    75 Mensaje(s)

    Re: Point de vue sur les drogues

    En France l'analyse des eaux usées révèle une consommation de drogues inattendue:

    http://www.docbuzz.fr/2013/09/17/123...thamphetamine/




    (NDLR à la demande des auteurs de l’étude : L’article initial ne cite pas le nom des villes dans lesquelles les dosages ont été réalisés; C’est à partir des cartes et des indications données par les auteurs dans l’article, que les noms les villes ont été identifiés. Cette étude donne des indications sur la consommation de drogues illégales à un instant donné et ne présage pas d’une augmentation ou d’une diminution des consommations des drogues à d’autres moments. En tout cas le sujet passionne…)

    Afin de fournir une évaluation réelle de la consommation de drogues illégales en France, une vaste étude du CNRS a mesuré pour la première fois la concentration des métabolites de ces drogues dans les eaux des égouts. Cette étude démontre le niveau extrêmement élevé de la consommation de drogues en France, en particulier de la cocaïne et du cannabis, pour lequel la moyenne de consommation de nombreuses villes françaises est supérieure à celui d’Amsterdam! Des villes comme Lille, Montpellier et Avignon sont particulièrement touchées. Ces résultats démontrent indirectement comment la lutte contre les drogues illégales est en échec en France.


    On estime actuellement qu’un tiers des Européens consomment une drogue illicite au cours de leur vie : Il apparait donc nécessaire d’approfondir notre compréhension de l’évolution de cette consommation afin que les techniques de prévention et de réduction des effets secondaires de ces consommations dangereuses soient plus efficaces. Il est cependant long de dresser le portrait national de la consommation de drogues, un travail souvent publié des années après que les premiers résultats aient été collectés.

    La mesure de la présence de drogues dans les eaux usées est une technique qui se développe dans de nombreux pays et qui répond à cette exigence de rapidité tout en dressant un panorama national complet. C’est cette technique qui a été utilisée par des scientifiques du CNRS de Paris Sud en collaboration avec Veolia pour mesurer la concentration de 17 drogues illégales dans 25 collecteurs d’eaux usées à travers la France. Les drogues recherchées étaient
    la cocaïne et ses métabolites(benzoylecgonine, ecgonine méthyl ester, norcocaïne et coca-éthylène qui se forme en cas de consommation concomitante d’alcool), les drogues synthétiques (amphétamine, méthamphétamine, 3,4-méthylène-dioxy-N-méthyl amphétamine, 3,4-méthylènedioxyamphetamine et 3,4- methylenedioxy –Nethylamphetamine), les opiacés(héroïnes et ses métabolites 6-monoacetylmorphine et morphine), les substituts d’opiacés (buprénorphine et méthadone) et enfin le cannabis (11-nor-delta-9-hydroxytetrahydrocannabinol).

    Les collecteurs dont les eaux ont été analysées drainaient les eaux de villes de 10000, 30 000 et 100 000 habitants dont Paris et l’ile de la Réunion.


    La consommation de cocaïne, reconstruite après analyse de ses résidus dans les eaux usées est évaluée en France entre 3 mg/jour/1000 habitants à plus de 2400 mg/jour/1000 habitants en fonction de la localisation géographique (en fonction des villes analysées). Cela correspond à une moyenne de consommation nationale de 130 mg/jour/1000 habitants. Lille apparait être la nouvelle capitale de la consommation de cocaïne : sa consommation varie de 1409 mg/jour/1000 habitants pendant la semaine à 2434 mg/jour/1000 habitants au cours du week-end. C’est la plus forte consommation de cocaïne jamais retrouvée au niveau d’une ville dans toute l’Europe par des études comparables. Les autres villes dont la consommation est supérieure à la moyenne nationale sont situées dans le sud de la France ; 3 villes dépassent 500 mg/jour/1000 habitants. C’est aussi la consommation moyenne retrouvée à Paris. L’absence de cocaïne a été constatée uniquement dans deux villes : une petite ville de province et sur l’ile de la Réunion.


    La consommation d’ecstasy (MDMA) est retrouvée principalement dans le sud de la France à l’exception de deux villes du nord-ouest de la France (cf cartes). La consommation varie de 5-41 mg/jour/1000 habitants pendant la semaine à 15-167 mg/jour/1000 habitants pendant le week-end, montrant une utilisation récréationnelle. Si le niveau national de consommation s’établit donc entre 10 et 30 mg/jour/1000 habitants, une ville sort du lot, Montpellier : la consommation d’ecstasy à Montpellier est 5 fois plus élevée que la moyenne nationale, atteignant 150 mg/jour/1000 habitants, une consommation parmi les plus élevées d’Europe.

    La moyenne de consommation retrouvée par des études précédentes dans les grandes villes européennes s’établissait en effet à 80 mg/jour/1000 habitants; c’est par exemple le niveau de consommation retrouvée par cette étude à Paris. Cette situation s’expliquerait selon les auteurs par la forte concentration estudiantine, et par le nombre de fêtes/festivals réalisées dans ces villes du sud. Cette forte consommation d’ecstasy est corrélée à celle de la cocaïne.


    La consommation de cannabis en France varie entre 28 à 920 mg/jour/1000 habitants pendant la semaine et entre 32 à 999 mg/jour/1000 habitants le week-end (en fonction des villes analysées). La consommation est cependant stable tout au long de la semaine dans la plupart des villes. Trois villes se distinguent en terme d’importance de consommation de cannabis ; Lille encore, avec une consommation de 999 mg/jour/1000 habitants, Avignon avec une consommation de 241 mg/jour/1000 habitants la semaine et de 541 mg/jour/1000 habitants le week-end [mesure réalisée au cours de la tenue du festival d’art dramatique d'Avignon] et Perpignan. Les niveaux de consommation dans les autres villes de France sont également élevés mais inférieures à ceux de ces trois villes (entre 30 et 200 mg/jour/1000 habitants).

    Cette moyenne nationale n’est cependant pas brillante : elle est en fait comparable à celle de la ville d’Amsterdam où le cannabis est en vente libre, ville que l’on pensait être la plus grande consommatrice de cannabis en Europe avec une consommation estimée à 200 mg/jour/1000 habitants (étude publiée en 2012). La France bat donc les Pays-Bas à plate couture, pour une drogue qui légalement n’a pas le droit le droit de circuler chez nous. La consommation de cannabis à Lille, Perpignan et Avignon atteint donc des sommets 5 fois plus élevés qu’à Amsterdam, un autre symptôme du bien-être français ? Les français sont ainsi les plus gros consommateurs Européens de cannabis.


    Pour la consommation d’opiacés, Lille arrive encore en tête ; Y sont aussi détectés de grandes quantités de résidus de méthadone à 407 mg/jour/1000 habitants.


    Cette étude confirme (au moment où elle a été réalisée) que la consommation de drogues illégales est plus importante dans les grandes villes et que cette consommation s’accroit le week-end. La cocaïne est très consommée dans les villes du sud de la France, mais la ville championne de la poudre blanche reste Lille. Cette consommation, sauf à Lille où elle est en permanence élevée, est en augmentation le weekend. Le cannabis est également principalement consommé dans les villes du sud de la France surtout le week-end. Cette différence nord-sud n’est pas retrouvée pour la méthadone. L’ecstasy est particulièrement retrouvée dans une ville française, Montpellier.


    La consommation de drogues en France n’est donc pas homogène, montrant que l’extrapolation d’une étude locale au pays tout entier ne reflètera jamais réellement la consommation nationale de drogues ; la méthode utilisée dans cette étude permet en revanche de dresser un tableau réel de cette consommation, si dramatique soit-il. Cette consommation de cocaïne et de cannabis plus importante dans les villes du sud peut s’expliquer de différentes manières : la cocaïne arrive d’Amérique latine et transite par l’Afrique avant de gagner l’Europe où elle entre par les villes du sud de la France, expliquant sa grande disponibilité. De même, de grandes quantités de cannabis arrivent du Maroc.

    Les frontières Françaises même hors UE sont de véritables passoires. Par ailleurs, la cocaïne, la méthamphétamine et ses dérivés sont très consommés au cours des festivals qui sont bien plus nombreux au sein des villes de la côte méditerranéenne que dans le nord du pays.

    Cette étude semble démontrer indirectement que la prévention de la consommation de drogues illégales est un échec tout comme la lutte contre son trafic.




    Última edición por jean-michel; 23/09/2013 a las 18:25 PM

  16. #11
    Fecha de Ingreso
    26 May, 05
    Mensajes
    3,756
    Gracias
    0
    2,438 gracias recibidas en 878 Posts
    Mencionado
    20 Mensaje(s)
    Etiquetado
    2 Tema(s)
    Citado
    75 Mensaje(s)

    Re: Point de vue sur les drogues

    http://www.encod.org/info/LA-SECONDE...-MAROCAIN.html

    Le Maroc s’apprêterait à légaliser la culture du cannabis pour en limiter le trafic et
    explorer les filières médicinales et industrielles



    « 2022. Le Maroc a légalisé il y a six ans la production et la consommation de cannabis. Le soleil
    se lève sur Boulizem, un douar perdu au fin fond du Rif. Dietrich et Ulrike, un couple de bobos
    berlinois, se réveillent avec le chant du coq. La veille, chez la famille de kificulteurs du gîte de
    L’Herbe verte, ils ont dégusté un poulet succulent nourri au bon grain de cannabis » : c’est ainsi
    que se projette le magazine marocain Actuel après les informations évoquant l’étude prochaine
    du Parlement à Rabat d’une proposition de loi légalisant la culture du cannabis.


    Proposition de loi portée par le Parti authenticité et modernité (PAM, proche du Palais royal) et la
    Coalition marocaine pour l’utilisation du cannabis à des fins médicinales et industrielles. Le texte
    en question propose entre autres la dépénalisation de la détention, de la production et du
    façonnement du cannabis pour usage médical. Selon l’hebdomadaire La Vie économique, même
    les islamistes du PJD (au pouvoir) ont été approché et auraient accueilli favorablement ce projet
    inédit. Le débat n’est pas nouveau au Maroc : à l’automne 2012, précise La Vie économique, les
    parlementaires Noureddine Mediane, du parti conservateur, l’Istiqlal, et Tarik Kabbaj, député-
    maire de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) d’Agadir, ont été les premiers à aborder
    le sujet au Parlement, lors d’une séance de questions orales.


    Ce combat pour légaliser la culture du cannabis, qui fait vivre, selon les statistiques officielles,
    près de 700 000 personnes (soit 90 000 familles) essentiellement dans la région du Rif, a un
    visage et une voix, ceux de Chakib El Khiyari, président de l’Association Rif des droits de
    l’homme. Lauréat du Prix intégrité 2012 de Transparency Maroc, ce militant infatigable a connu la
    prison dans sa campagne contre les barons de la drogue : il a été condamné en 2009 à trois ans
    d’emprisonnement – avant d’être gracié par le roi Mohammed VI en 2011 – pour « atteinte à
    corps constitués, infraction au code des changes et dépôt de fonds dans une banque étrangère
    sans l’autorisation de l’Office des changes ».


    Alors qu’en fait, le militant avait publiquement dénoncé le trafic de la drogue dans la région du
    Nador et l’accès à des postes de responsabilité de personnes impliquées dans un réseau de
    narcotrafiquants. Pour ce militant, la vraie guerre contre la drogue et ses barons au Maroc passe
    d’abord pas la légalisation de sa culture et le développement d’une production traçable et
    destinée exclusivement à l’industrie et aux besoins médicinaux. Le Maroc reste le plus important
    exportateur de kif au monde. Avant 1983, les terres de cannabis cultivées étaient estimées à
    12 000 hectares, aujourd’hui on parle de 180 000 hectares, selon l’économiste Driss Ben Ali, cité
    par Actuel.


    « Nous sommes pour ce projet de loi parce que l’interdiction ‘‘officielle’’ ne sert à rien, commente
    Saïd Chaoui, de l’Association marocaine des droits de l’homme, (AMDH) et originaire du Rif. Mais
    en même temps, ce genre de loi portant légalisation ne peut faire l’économie d’un Etat de droit et
    d’une administration locale intègre, ce qui n’est pas le cas au Maroc. » Et d’ajouter : « Parce que
    le vrai problème reste les barons de la drogue qui gagnent des milliards sur le dos des simples
    paysans du Rif ; ces barons qui ont des complices très hauts placés dans l’administration. » « La
    lutte contre la drogue au Maroc n’a pour objectif que de limiter sa production, pas plus, appuie
    Ould Ayad, président de l’AMDH dans la région du Rif. Je pense que ce débat actuellement au
    Maroc autour de la légalisation de la culture du cannabis n’est qu’une manière de répondre aux
    critiques de nos voisins européens et de l’Algérie quant à l’explosion de l’exportation du kif. Dans
    quelques mois, on va encore nous annoncer une nouvelle guerre contre le trafic et un meilleur
    contrôle des frontières, mais ça ne sera que de la poudre aux yeux. »


    Aux yeux des sceptiques, qui encouragent quand même cette proposition de loi, le chantier
    dépasse un simple sursaut dans les textes. « Il faut d’abord s’occuper réellement du
    développement de cette région du Rif qui est restée très pauvre et marginalisée ; il faut
    également avoir le courage de ‘‘nettoyer’’ l’administration des barons de la drogue, il faut aussi
    réorganiser légalement la propriété foncière des terres agricoles du Rif qui obéissent à des lois
    traditionnels », énumère un militant de la région septentrionale du royaume chérifien.


    Chakib Al Khayari. Coordinateur de la Coalition marocaine pour l’utilisation du cannabis à des fins
    médicinales et industrielles : une loi pour légaliser la culture du cannabis dans moins d’une année


    -Où en est le projet de loi sur la dépénalisation de la culture du cannabis ?


    La Coalition marocaine pour l’utilisation du cannabis à des fins médicinales et industrielles a
    présenté, en mai, une proposition de loi aux différents groupes parlementaires et nous avons été
    contactés ensuite par le PAM et le PJD. En juillet, nous avions eu une réunion au Parlement avec
    les députés du PAM qui ont publiquement appuyé notre démarche. J’ai rencontré aussi des
    députés du PJD qui m’ont assuré vouloir nous aider pour trouver une solution équitable
    concernant la question du cannabis. Je crois que nous irons, dans moins d’une année, vers une
    loi qui légalisera enfin la culture du cannabis.


    -Quelles seraient les retombées sur l’économie marocaine ?


    Le plus important, d’abord, est de faire sortir les cultivateurs de l’emprise des trafiquants, pour
    qu’ils ne soient plus les otages des barons de la drogue, subissant arrestations et répressions.
    Ces paysans participeront enfin au soutien à l’économie nationale qui sera renflouée par
    d’énormes apports financiers. L’Etat économisera ainsi les budgets alloués à la guerre contre la
    drogue et au blanchiment d’argent.


    Certains observateurs au Maroc doutent de l’efficacité de cette loi, tant que des barons de la
    drogue, parfois protégés par l’administration, sévissent toujours. Qu’en pensez-vous ?


    La réglementation de la culture et l’exploitation du kif ne fera pas disparaître le trafic illégal, mais
    au moins cela permettra aux producteurs d’avoir le choix d’intégrer un circuit légal. Cette
    adhésion fera diminuer le nombre des barons de la drogue. Et la réussite d’une stratégie
    nationale de la culture du cannabis provoquera l’adhésion d’un nombre toujours plus croissants
    de cultivateurs.


    Les bienfaits du cannabis


    A ce jour, compte tenu de l’évolution des connaissances scientifiques dans le domaine des
    cannabinoïdes, l’usage médical du cannabis devient de plus en plus toléré, voire légal dans un
    nombre grandissant de pays : le Canada, l’Australie, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Nouvelle-
    Zélande, l’Espagne et vingt Etats américains. Cet usage nécessite soit une ordonnance, soit une
    confirmation de diagnostic médical. La distribution se fait généralement dans un cadre défini par
    les lois locales ; pharmacies aux Pays-Bas, Clubs Compassion au Canada, Buyers Club aux
    Etats-Unis, Cannabis Social Clubs en Espagne. Par ailleurs, le chanvre industriel, dont le taux de
    THC doit être inférieur à 0,2%, est surtout utilisé dans la confection de cordages, de matériaux de
    construction (en particulier d’isolation), et de plasturgie automobile. La France est aujourd’hui le
    principal producteur de chanvre industriel en Europe.


    Adlène Meddi






  17. #12
    Fecha de Ingreso
    26 May, 05
    Mensajes
    3,756
    Gracias
    0
    2,438 gracias recibidas en 878 Posts
    Mencionado
    20 Mensaje(s)
    Etiquetado
    2 Tema(s)
    Citado
    75 Mensaje(s)

    Re: Point de vue sur les drogues

    http://drogues.blog.lemonde.fr/2013/...e-des-drogues/

    La réunion de l'Assemblée générale des Nations Unies à New York fin
    septembre a été l’occasion pour les dirigeants d'Amérique latine de
    critiquer la prohibition des drogues et d’appeler à la réforme de cette
    politique en proposant de nouvelles alternatives.

    « Ici, dans ce même endroit, il y a 52 ans, la convention qui a donné
    naissance à la guerre contre la drogue a été approuvé. Aujourd'hui, nous
    devons reconnaître que la guerre n'a pas été gagnée » a déclaré le
    président colombien Juan Manuel Santos aux dirigeants mondiaux réunis,
    se référant à la Convention unique sur les stupéfiants de 1961. « Et je
    dis cela en tant que président du pays qui a subi le plus de morts, le
    plus de sang et le plus de sacrifices dans cette guerre, et le pays qui
    a également obtenu le plus de résultats dans la lutte contre ce fléau et
    les mafias qui le sous-tendent. »

    Ces remarques font écho à celles qu'il avait faites lors du Sommet des
    Amériques qui avait commandé à l'Organisation des États américains une
    étude sur les nouvelles approches de lutte contre les drogues illicites
    qui a depuis été publiée. Le président Santos a déclaré que l'ONU
    devrait les prendre sérieusement en considération avant qu'une session
    extraordinaire de l'Assemblée Générale contre la drogue ne soit fixée en
    2016.

    Le président costaricain a déclaré quant à lui que son pays « se joint à
    l'appel d'autres États de la région, comme le Mexique et le Guatemala,
    pour réévaluer internationalement les politiques en quête de réponses
    plus efficaces sur le trafic de drogue, dans une perspective de santé,
    un cadre de respect des droits humains, et une perspective de réduction
    des risques».

    Le président du Guatemala, Otto Perez Molina, ancien général élu sur une
    ligne de combat contre le crime organisé avant d’appeler lors de la
    session précédente de l'ONU à la légalisation du marché des drogues
    illicites, a cette année déclaré devant l'Assemblée générale : « Depuis
    le début de mon gouvernement, nous avons clairement affirmé que la
    guerre contre la drogue n'a pas donné les résultats souhaités…. Nous ne
    pouvons pas continuer de faire la même chose et espérer des résultats
    différents. Au lieu de cela, les dirigeants mondiaux doivent chercher de
    nouvelles approches en matière de consommation de drogue axée sur la
    santé publique et la prévention et visant à réduire la violence et à
    respecter les droits de l'homme ».

    Il a salué les électeurs du Colorado et de Washington pour leur «
    décision visionnaire » de légaliser la marijuana et a félicité le
    président Obama pour avoir «respecter la voix des citoyens du Colorado
    et de Washington, pour permettre à ces expériences innovantes de fournir
    des résultats. » Il a enfin rendu hommage au président uruguayen José
    Mujica qui a proposé une législation sur la légalisation de la
    marijuana « au lieu de suivre la route de la prohibition vouée à
    l'échec. » Ce projet de loi a été adopté par la Chambre uruguayenne et
    devrait passer au Sénat le mois prochain.

    Le président du Mexique a annulé son apparition à l'ONU pour faire face
    aux conséquences des ouragans qui ont secoué son pays, mais son ministre
    des Affaires étrangères a fait écho aux discours des autres dirigeants
    latino-américains.

    L’appel à la réforme lancé par les présidents de l'Amérique latine, dont
    les pays ont souffert des plus graves conséquences de la guerre contre
    la drogue, est donc de plus en plus fort. La session extraordinaire de
    2016 pourrait être l’occasion d’un grand débat sur ces questions....
    Mais alors que l'Assemblée générale a approuvé sa tenue, l'Office des
    Nations Unies contre la drogue et le crime et l'Organe international de
    contrôle des stupéfiants, organismes onusiens créés pour mettre en œuvre
    la prohibition, y sont opposés.

    Ces déclarations de président en exercice, font echo à des études
    sorties en même temps. Une étude publiée mardi* dans la revue British
    Medical Journal Open montre que le marché n'a jamais été aussi
    florissant, les drogues sont de plus en plus bon marché, accessibles et
    de qualité, et cela même si en Europe, les saisies d'héroïne ont
    augmenté de 380% entre 1990 et 2009. En France, la récente analyse de
    l’OFDT** montre une stabilité qui va dans le même sens. Des travaux font
    aussi la comparaison avec la prohibition de l'alcool pour montrer que ce
    commerce des drogues est tellement profitable que les organisations
    criminelles trouvent toujours le moyen de répondre à la demande. Les
    saisies n'ont dès lors qu'un effet temporaire et localisé. Rejoignant
    les appels des responsables sud – américains, des chercheurs regrettent
    que les stratégies nationales ou internationales aient insisté sur la
    répression et l'aspect judiciaire et criminel au détriment de la
    prévention et des soins. Un des exemples frappant est la façon de
    mesurer les progrès en matière de lutte contre la drogue en fonction des
    seules saisies, alors que ce qui devrait être mesurer est la chute des
    overdoses mortelles, la baisse du nombre de maladies transmises comme le
    promeut la réduction des risques, mais aussi la diminution des dommages
    sociaux et autres troubles à l’ordre public.

    Il est inquiétant de voir comment la France reste à l’écart de ce débat,
    alors que tant de voies s’élèvent pour réclamer ce changement. C'est un
    des plus grand reproche*** que l'on peut faire au nouveau plan
    gouvernemental de lutte contre les addictions : avoir écarté ce débat
    sur une autre régulation des addictions.

  18. #13
    Fecha de Ingreso
    26 May, 05
    Mensajes
    3,756
    Gracias
    0
    2,438 gracias recibidas en 878 Posts
    Mencionado
    20 Mensaje(s)
    Etiquetado
    2 Tema(s)
    Citado
    75 Mensaje(s)

    Re: Point de vue sur les drogues

    Euronews: vue d'ensemble des différents pays d'Europe:

    http://www.euronews.com/tag/europeans-and-drugs/

  19. #14
    Fecha de Ingreso
    26 May, 05
    Mensajes
    3,756
    Gracias
    0
    2,438 gracias recibidas en 878 Posts
    Mencionado
    20 Mensaje(s)
    Etiquetado
    2 Tema(s)
    Citado
    75 Mensaje(s)

    Re: Point de vue sur les drogues

    http://api.dmcloud.net/player/pubpag...1?wmode=direct

    Débat entre Ester Benbassa sénatrice et Alain Astier professeur de pharmacie clinique.
    À partir de la 12ème minute.

  20. #15
    Fecha de Ingreso
    26 May, 05
    Mensajes
    3,756
    Gracias
    0
    2,438 gracias recibidas en 878 Posts
    Mencionado
    20 Mensaje(s)
    Etiquetado
    2 Tema(s)
    Citado
    75 Mensaje(s)

    Re: Point de vue sur les drogues

    Histoire de la prohibition des drogues avec Line Beauchesne


    http://www.youtube.com/watch?v=7TwVvboa3Vw#t=44

    Line Beauchesne est professeure titulaire au Département de criminologie de l'Université d'Ottawa.
    Elle étudie la prohibition depuis 20 ans. De cette politique des drogues, elle dresse trois constats :
    l'inutilité, la nuisance et le gaspillage. Inutile, d'abord, parce qu'interdire n'élimine aucunement
    l'accessibilité des produits illicites. Nuisible, ensuite, parce que la prohibition oblige l'argent à suivre
    la voie des marchés noirs ce qui renforce le pouvoir des mafias dont les réseaux sont maintenant
    mondialisés. Gaspillage, enfin, parce que 95 % des ressources publiques investies vont à la répression
    plutôt qu'au traitement et à la prévention. L'échec est donc total : éliminer la drogue est une utopie et les
    moyens mis de l'avant ne font qu'empirer la situation.

+ Responder Tema
Página 1 de 2 12 ÚltimoÚltimo

Usuarios Etiquetados

Permisos de Publicación

  • No puedes crear nuevos temas
  • No puedes responder temas
  • No puedes subir archivos adjuntos
  • No puedes editar tus mensajes