http://www.yabiladi.com/articles/det...-istiqlal.html

L’Istiqlal souhaite une légalisation de la culture du kif mais sa proposition de loi risque d’être
rejetée au parlement.
En effet, le PJD est contre et les autres partis de la majorité gouvernementale, qui ont des assises
au Nord-Est du royaume, craignent que l’initiative des amis de Hamid Chabat ne soit juste une carte
électorale à seulement une année de l’échéance des communales de 2015.


La légalisation de la culture du cannabis mal partie / DR
La proposition de loi, déposée par l’Istiqlal à la Chambre des représentants,
visant la légalisation de la culture du kif est menacée en premier lieu par le PJD.
Les islamistes se préparent à voter contre le texte du groupe de la Balance.
La tactique des « frères » de Benkirane est simple : venir, le jour du vote,
en nombre assez important pour enterrer l’initiative de leurs ennemis istiqlaliens.
Et sur le point de la discipline et du respect des ordres de leur hiérarchie,
les PJDistes ont une nette et confortable longueur d’avance sur les élus des
autres formations politiques.

L’Istiqlal demande le soutien de la majorité et de l’opposition

Parfaitement conscient de ce rapport de force en sa défaveur, Noureddine Moudiane,
le président du groupe du PI, a demandé aux membres de ladite commission de soutenir
la proposition de loi élaborée par son parti. Un appel qui a peu de chance d’être entendu,
notamment de la part des groupes de la majorité gouvernementale. Le PPS, le MP, le RNI
ne sont guère convaincus de l’utilité d'adopter un texte légalisant la culture du cannabis,
même si il ne concernerait que la région déjà autorisée par le Dahir royal de 1917, à savoir
Ketama et ses environs. Une autorisation, toutefois conditionnée en son temps, par la vente
exclusive du produit à la société Régie Tabac.

Ces formations, au même titre que le PJD, ne souhaitent pas accorder aux itstiqlaliens une
opportunité d’asseoir leur popularité dans le Nord-Est du royaume à quelques mois de l’échéance
des prochaines élections communales, prévu au printemps 2015. Ce sont ces calculs politiques
qui seront, à coup sûr, à l’origine de l’échec de cette initiative.

Le PAM en concurrence avec l'Istiqlal sur le kif

Et les partis de la majorité ne seront pas seuls à vouloir barrer la route au texte du PI. Le PAM,
pourtant dansl’opposition, n’est pas sur la même longueur d’onde que les amis de Hamid Chabat.
Le parti du Tracteur ne voit pas d’un bon œil la mobilisation des istiqlaliens alors même que les
PAMistes se considèrent comme les premiers à avoir soulevé ce dossier lors d’une journée d’étude,
organisée le 11 décembre dernier.
En réalité, les deux partis se livrent une concurrence sur cette question. Les deux ont présenté les
mêmes propositions de loi : une demandant la légalisation de la culture du kif et une autre sollicitant l
a grâce aux milliers d’agriculteurs de la plante. La question maintenant et de savoir qui en récoltera
les fruits ?

Mohammed Jaabouk
Copyright Yabiladi.com

http://www.yabiladi.com/articles/details/26585/maroc-cannabis-pour-diminuer-taux.html

Après la Suède, l’Italie, l’Espagne et le Royaume Uni, la Belgique a intégré tout récemment
le trafic de drogue dans le calcul de son PIB, conformément à la nouvelle règle en vigueur
au sein de l’Union européenne. En plein débat autour de la légalisation du cannabis, le Maroc
ne gagnerait-il pas en suivant la tendance européenne, au moment où la pression des instances
internationales pour la réduction de ses déficits devient de plus en plus forte ? Eléments de réponses.



Dès septembre prochain, les Etats membres de l’Union européenne (UE) devront inclure
les activités illégales, dont le trafic de drogue, menées sur leur territoire dans leurs statistiques
économiques. Quelques pays se sont déjà mis au pas, c’est le cas de la Suède, l’Italie, l’Espagne,
le Royaume-Uni et depuis deux jours, la Belgique.

D’après Bruxelles, l’objectif de cette mesure est de refléter le réel niveau de l’activité économique
des pays de l’Union, qu’elle soit illégale ou non. Ainsi, plusieurs Etats ne prenant pas en compte,
jusqu’ici, les revenus du trafic de la drogue et de la prostitution notamment, seront tenus de les
évaluer et les inclure dans leur PIB. Ce qui dopera les estimations de leur production de richesse.
A titre d’exemple, la Belgique, l’Allemagne et la France, pourraient voir leur PIB grimper de 2 à 3%,
tandis qu’en Suède, la proportion pourrait atteindre les 4%. A l’image de ces pays, le Maroc pourrait-il
tirer ses statistiques économiques vers le haut grâce au cannabis?

Des bénéfices équivalant à plus de 10% du PIB marocain

Au royaume aujourd’hui, l’importance du trafic du cannabis ne fait plus aucun doute.
Le Maroc en est le premier fournisseur mondial depuis treize années consécutives,
comme l’a révélé en mars dernier un rapport de l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS).

De plus, une enquête réalisée par le gouvernement chérifien et l'Office des Nations Unies contre la
drogue et le crime (ONUDC) en 2003 révélait que « le chiffre d'affaires du commerce illicite international
engendré par la vente du haschisch marocain est évalué à 114 milliards de dirhams », soit 14% du PIB
du royaume de cette année, une somme énorme qui passe outre les comptes nationaux. Il est vrai que
d’après le rapport de l’OICS, les surfaces cultivées de kif ont considérablement diminué. Elles sont
officiellement passées de 130 000 hectares en 2003 à 47 500 hectares en 2011, grâce au programme
anti-drogue du gouvernement. Toutefois, la réalité montre que le cannabis marocain jouit d’un grand
succès à travers la planète, surtout en Europe où il est le plus fournis.

La légalisation du kif compromise, le Maroc pourrait être séduit par l'idée européenne

C’est ce manque à gagner pour l’Etat qui a conduit au débat autour de la légalisation du cannabis à
des fins thérapeutiques. Notons que la mesure est déjà en vigueur dans certains pays comme l’Australie,
les Pays-Bas, l’Espagne et tout récemment la France. Mais le sujet suscite un débat houleux entre
politiques marocains. D’ailleurs la proposition de loi de l’Istiqlal est actuellement menacée par le PJD.

Mais si la légalisation semble compromise, l'inclusion de cette activité tolérée (puique la culture du kif
est répendue dans la région d'Issaguen) ou illégale (trafic de résine de cannabis) pourrait améliorer
les comptes nationaux et ainsi dopper le PIB à l'instar des projections faites pour les pays européens.
Mécaniquement, cela entrainerait une baisse du taux de déficit publique. Une touche de cosmétique
comptable qui pourrait impacter les notes de la dette souveraine marocaine attribuées par les agences
de notation.

Il est vrai qu'en entamant un certain nombre de réformes dictées par le FMI, le Maroc s'est attiré les
bonnes grâces de Standard & Poor's et Fitch, qui estiment le royaume à même de soutenir sa croissance.
Mais la réduction de son taux de déficit reste son principal défi. C'est l'objet de toutes les recommandations
quand il s'agit de l'économie marocaine.

Le royaume ayant souvent l'habitude de calquer le modèle européen, il ne serait pas étonnant qu'à l'avenir
l'introduction dans les comptes nationaux des bénéfices des activités liées au cannabis soit évoquée par
les politiques. Un débat à venir qui ne laissera pas insensible les économistes marocains.


Ristel Tchounand
Copyright Yabiladi.com