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  • #91
    Re: Videos en français

    le débat s'impose en France!!!

    Sujet traité à partir de la 12ème minute...

    http://www.youtube.com/watch?v=147EAC_unhM


    Le Grand Angle de 28': Dépénalisation : chut, le shit, c'est tabou Grand thème de campagne en
    2002, relancé par Nicolas Sarkozy en 2007 et remis sur le devant de la scène par Cécile Duflot en
    juin dernier, c'est au tour de Vincent Peillon de relancer l'arlésienne politique du cannabis, semant
    ainsi le trouble à gauche. S'attirant les foudres de Matignon, le ministre de l'Éducation s'est prononcé dimanche pour une dépénalisation du cannabis à titre personnel. Légalisation,
    contraventionnalisation ou dépénalisation ? Une question récurrente dans le débat politique qui
    semble englué dans des enjeux économiques et sociétaux, mais aussi par un manque certain
    d'études complètes sur les bénéfices et les dangers du cannabis. Entre l'éradication d'un marché
    illégal qui brasse des flux financiers souterrains colossaux, le contrôle du produit et de la
    production, et la peur de la légalisation, un consensus tranché sur la question semble n'être encore
    qu'une perspective lointaine au sein de la majorité. Elisabeth Quin, avec à ses côtés Renaud Dély
    et Nadia Daam, accueille pour en discuter le neurobiologiste spécialiste de l'addiction et du
    cannabis Jean-Pol Tassin, l'ancien ministre de l'Intérieur Daniel Vaillant qui prépare actuellement
    une proposition de loi visant à légaliser l'usage thérapeutique de cannabis, et le journaliste
    spécialiste de l'Europe Stefan de Vries.

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    • #92
      Re: Videos en français

      Sur ce lien une déclaration de Léon Schwarzenberg en 1988 alors qu'il venait de se faire virer du gouvernement socialiste pour avoir notamment parlé en faveur de la légalisation des drogues. Il ne sera resté que 9 jours au gouvernement. Le débat est resté malgré tout tabou pendant 25 ans. Il semblerait que quelques hommes et femmes politiques actuels ont le courage de le remettre sur le tapis. A ver...

      à partir de la 8ème minute il parle des drogues...


      http://ios.mobapp.ina.fr/art-et-culture/litterature/video/CAB88036540/leon-schwarzenberg.fr.html


      Le professeur Léon SCHWARZENBERG est l'invité de l"'heure de vérité", il évoque son bref passage au gouvernement et est interrogé par Alain DUHAMEL, Marie Laure AUGRY et Albert du ROY. - Interroge par Alain DUHAMEL, il évoque sa nomination au poste de ministre délégué à la Santé puis sa démission. Il nie avoir fait des déclarations brutales à propos du SIDA, du dossier ouvert aux malades. Il voulait juste expliquer. Il insiste sur le SIDA, sur l'importance de l'information,(critique au passage la campagne lancée par Mme BARZACH sur les préservatifs) et le dépistage. - Avec Marie Laure AUGRY, il parle du cancer, de la nécessité de dire la vérité aux malades. Il insiste sur le respect que tout medecindoit avoir en face de son patient. Il est révolté par l'acharnement thérapeutique. Il évoque le cas de TITO, et s'insurge contre ce que les médecins lui ont imposé "acrobates de la médecine", pour lui "vivre au delà de la vie c'est scandaleux ". Il évoque les prêts d'utérus, se dit contre de telles pratiques des que l'argent intervient : "les prostituées sont les filles de joie, ces mères les mères de joie "..." A-t-on le droit de payer la vie d'un enfant ". Il signale au passage le rôle du comité d'éthique qui pour lui est plus important que le conseil de l'ordre. Il affirme la nécessité de la charte internationale de la médecine. Il regrette que la médecine soit remplacée par la technique. - Avec Albert DU ROY il continue de parler du respect vis à vis de l'être humain, de l'acharnement thérapeutique et du problème de la drogue, pour lui il faut"remettre le problème de la drogue a plat ", travailler avec les policiers, les médecins, les psychiatres. Il souligne le problème de la sécurité sociale et de l'assurance vieillesse qui pour lui est un problème de solidarité. - A la fin de l'émission Jérôme JAFFRE donne les tendances du sondage SOFRES, 93% de bonne opinion, avec beaucoup deconviction il a su se montrer très convaincants. - Signature du livre d'or en sortant du studio"la vérité est comme la liberté quand on prend des accomodements avec elle on assombrit l'avenir ".

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      • #93
        Re: Videos en français

        une petite video rigolote et ironique

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        • #94
          Re: Videos en français

          "L'histoire de la graine est devenue celle de la perte, du contrôle, de la dépendance et de la dette.
          Il a été écrit par ceux qui veulent faire du profit vaste de notre système alimentaire, quel que soit le coût réel.
          Il est temps de changer l'histoire.

          Produit par la Fondation Gaia et le Réseau biodiversité africaine, en collaboration avec MELCA Ethiopie, Navdanya international et GRAIN. Pour en savoir plus seedsoffreedom.info"

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          • #95
            Re: Videos en français

            C'est une histoire qui s'est passée le 17 octobre 1961 à Paris. L'histoire d'un trou dans la mémoire.
            Une histoire de dignité et de honte dont les livres d'histoire n'ont pas gardé la trace...

            Comentario


            • #96
              Re: Videos en français

              Texte en français dans la video


              Pour que l'argent ne soit plus le seul maïtre à bord !!!

              http://www.youtube.com/watch?v=oOb4Mo6KVvc

              ON NE VEUT PLUS !!!
              Editado por última vez por jean-michel; https://www.cannabiscafe.net/foros/member/7559-jean-michel en 09/04/2013, 18:08 .

              Comentario


              • #97
                Re: Videos en français

                Notre pote Coluche
                http://www.youtube.com/watch?v=OuvUu7aj9Sc


                {Parlé:}
                "Les salauds!", chanson engagée.
                Une chanson contre les bourgeois, qui crache son venin à la face de la société.
                Sans blague! On va pas s´faire emmerder, non!

                {Chanté:}
                Mon père est mort à la guerre
                Mon frère se tue au travail
                Et les salauds s´en moquent bien
                Que l´on crève comme des chiens
                Les salauds!
                Les salauds!

                C´est à la sueur de notre front
                Que les salauds gagnent leur pognon
                Et ils nous jettent pour faire ripaille
                Les copeaux de notre travail
                Les salauds!
                Les salauds!

                Oui mais un jour on sera fort
                Et dans les villes et dans les ports
                Les hommes lèveront leurs poings
                Pour foutre sur la gueule des rupins
                Des salauds

                Alors ils nous envoient leur police
                Mais comme on est plus nombreux
                On va leur foutre sur la gueule
                Et on va leur faire bouffer leur képi
                Parce que moi, si y en a un qui vient m´emmerder,
                J´lui fous ma guitare à travers la gueule!

                Alors merde!
                On va pas s´faire emmerder par les flics, non?
                Sans blague!
                Mais ta gueule, toi, salaud!

                (Il brise sa guitare et la piétine. L´orchestre attaque l´Internationale)

                Comentario


                • #98
                  Re: Videos en français

                  ca mec est lui restaurant de cour?

                  Salut
                  Variedades puras.
                  "CCARDUINO"

                  Comentario


                  • #99
                    Re: Videos en français

                    oui c'est bien lui. Il est mort il y a quelques années d'un accident de moto mais c'était un vrai activiste politique, constructif. Si fueras visto lo que formo alli en Francia!!! Hasta presentarse a las elecciones como presidente !!!

                    Comentario


                    • Re: Videos en français

                      ... un autre personnage, scientifique engagé dans des combats politiques. Albert Jacquard
                      nous parle de sa conception de l'intelligence.
                      http://www.youtube.com/watch?v=DpzRONla_RU
                      Editado por última vez por jean-michel; https://www.cannabiscafe.net/foros/member/7559-jean-michel en 08/08/2013, 20:21 .

                      Comentario


                      • Re: Videos en français

                        dans la série "personnages":

                        Stéphane Hessel, celui de "Indignez-vous!"

                        La musique n'est pas d'origine


                        http://www.youtube.com/watch?v=hkUsuLx6eGs


                        Mes chers compatriotes,

                        La première décennie de notre siècle s'achève aujourd'hui sur un échec. Un échec pénible
                        pour la France ; un échec grave pour l'Europe ; un échec inquiétant pour la société
                        mondiale.


                        Souvenez-vous des objectifs du millénaire pour le développement, proclamés en 2000 par
                        la Conférence mondiale des Nations unies. On se proposait de diviser par deux en quinze
                        ans le nombre des pauvres dans le monde. A la même date, on entamait une nouvelle
                        négociation pour mettre un terme au conflit vieux de trente ans du Proche-Orient – les
                        Palestiniens auraient droit à un Etat sous deux ans. Echec sur toute la ligne! Une plus
                        équitable répartition entre tous des biens communs essentiels que sont l'eau, l'air, la terre
                        et la lumière? Elle a plutôt régressé, avec plus de très riches et plus de très très pauvres
                        que jamais.


                        Les motifs d'indignation sont donc nombreux. Ce petit livreIndignez-vous! – qui a eu un
                        extraordinaire succès auprès des parents, et plus encore de leurs enfants, auxquels il
                        s'adresse –, c'est quelque chose qui me touche profondément. De quoi faut-il donc que
                        ces jeunes s'indignent aujourd'hui? Je dirais d'abord de la complicité entre pouvoirs
                        politiques et pouvoirs économiques et financiers. Ceux-ci bien organisés sur le plan
                        mondial pour satisfaire la cupidité et l'avidité de quelques-uns de leurs dirigeants ; ceux-là
                        divisés et incapables de s'entendre pour maîtriser l'économie au bénéfice des peuples,
                        même s'ils ont à leur disposition la première organisation vraiment mondiale de l'histoire,
                        ces Nations unies auxquelles pourraient être confiées d'un commun accord l'autorité et les
                        forces nécessaires pour porter remède à ce qui va mal.


                        Au moins nous reste-t-il une conquête démocratique essentielle, résultant de deux siècles
                        de lutte citoyenne. Elle nous permet de revendiquer le droit de choisir pour nous diriger
                        des femmes et des hommes ayant une vision claire et enthousiasmante de ce que la
                        deuxième décennie qui s'ouvre demain peut et doit obtenir. Voilà la tâche que je propose
                        à tous ceux qui m'écoutent. Qu'ils prennent appui sur les auteurs courageux qui se sont
                        exprimés ces derniers mois, sur Susan George et son beau livre Leurs crises, nos
                        solutions
                        , sur Edgar Morin et son dernier tome L'Ethique, surClaude Alphandéry et ses
                        propositions pour une économie sociale et solidaire. Avec eux, nous savons ce qu'il est
                        possible d'obtenir.


                        N'attendons pas. Résistons à un président dont les vœux ne sont plus crédibles.


                        Vivent les citoyens et les citoyennes qui savent résister!

                        édit: je précise que ce discours a eu lieu en 2011, le président dont il parle à la fin c'est Sarkozy...

                        Editado por última vez por jean-michel; https://www.cannabiscafe.net/foros/member/7559-jean-michel en 06/12/2013, 13:32 .

                        Comentario


                        • Re: Videos en français

                          une réponse à Big Brother ...

                          "Ce n'est pas un signe de bonne santé mentale
                          d'être bien adapté à une société malade."





                          Editado por última vez por jean-michel; https://www.cannabiscafe.net/foros/member/7559-jean-michel en 12/04/2013, 13:45 .

                          Comentario


                          • Re: Videos en français

                            Un monde meilleur est possible!!!

                            http://www.youtube.com/watch?v=enKSj31mD1A
                            Editado por última vez por jean-michel; https://www.cannabiscafe.net/foros/member/7559-jean-michel en 06/12/2013, 13:31 .

                            Comentario


                            • Re: Videos en français

                              Interview de Alexander Shulgin soutitrée en français.

                              Sur ce lien une video:

                              http://www.vice.com/fr/hamiltons-pha...nown-and-loved


                              Alexander Shulgin et l’auteur de cet article

                              J’aime Alexander Shulgin. C’est mon idole, mon héros, mon soleil, mon O2. J’ai aimé chacune des
                              978 pages de son œuvre maîtresse sur les phényléthylamines, PiHKAL (Les Phényléthylamines que
                              j’ai connues et aimées – une histoire d’amour chimique
                              ), et chaque milligramme de son traité de 1,13
                              kilo sur les tryptamines,TiHKAL (Les Tryptamines que j’ai connues et aimées). Au-dessus de mon lit,
                              j’ai épinglé une grande photo de Shulgin et de sa femme Ann, enlacés. Alexander est le grand-père
                              de l’ecstasy, le magicien de la molécule, le conquistador de l’atome. Il a créé plus de drogues
                              psychédéliques en l’espace de cinquante ans que la jungle amazonienne depuis que le monde est
                              monde. Il tient plus de la créature mythologique, du centaure chimique, que de la personne réelle.
                              Pourtant, son existence est avérée, comme je me prépare à en attester.



                              Après des années de préparation mentale, j’ai appelé chez les Shulgin pour une interview, à ce qu’il
                              paraît. C’est le genre de coup de fil qui se prépare en griffonnant sur une fiche cartonnée une
                              multitude de répliques potentielles. Le genre d’événement qui requiert une intense méditation
                              prétéléphonique : respirer profondément, se répéter des phrases de gagnant, fermer les yeux et
                              s’auto-hypnotiser, se racler la gorge cinq fois pour s’éclaircir la voix. D’une manière ou d’une autre,
                              j’ai réussi à composer le numéro de téléphone, et, alors que j’écoutais la tonalité, deux secondes
                              d’ondes sinusoïdales, suivie d’un tronçon de quatre secondes de silence exophtalmique, mon nez
                              s’est mis à saigner d’anticipation. C’est Ann qui a répondu.



                              On a discuté ; elle m’appelait « chéri », ce qui me comblait de joie, et avait un accent néo-zélandais
                              inattendu. Ann m’a appris que Sasha (c’est le surnom d’Alexander) n’accordait plus d’interviews – il
                              économise son énergie pour finir son dernier livre et travailler dans son labo. En entendant ça, je lui
                              ai expliqué que je ne requérais pas spécifiquement une interview. Je voulais juste le rencontrer.
                              Finalement, on s’est dit que je pouvais passer le voir avant sa visite chez le cardiologue. Elle m’a
                              bien précisé que si mon rendez-vous avec lui devait devenir une interview, ça serait sa dernière.
                              J’étais transporté de joie.



                              Bien qu’Alexander Shulgin ne soit pas exactement un nom qui fasse rêver dans les chaumières,
                              c’est celui du chimiste psychédélique le plus important qui ait jamais existé. Ceux qui le connaissent
                              sont souvent uniquement au courant du rôle qu’il a joué dans la redécouverte et la popularisation du
                              MDMA. Mais le MDMA est seulement l’une de la centaine de substances chimiques qui composent
                              sa pharmacopée, et qui vont si loin dans l’inconnu qu’il doit inventer de nouvelles expressions pour
                              décrire leurs effets (« l’œil qui folâtre » est ma préférée). Parmi ces drogues, des hallucinogènes
                              auditifs et tactiles sélectifs, des psychédéliques qui dilatent le temps ou mettent leur consommateur
                              dans un état de confusion amnésique, des antidépresseurs, des aphrodisiaques, des stimulants, des
                              empathogènes, des entactogènes, des neurotoxines et au moins un insecticide très rentable. Il y a
                              aussi des médicaments très utiles à l’homme, et, bien que seule une fraction d’entre eux aient fait
                              l’objet d’études sérieuses, ce sont les meilleurs outils dont on dispose pour comprendre la
                              composition chimique du cerveau humain.






                              Un collage intitulé Câlin psychédélique par William Rafti, un fan de Shulgin : Rafti fait aussi du
                              tatouage et des dessins sur buvard



                              La carrière de Shulgin a démarré à Dow Chemical, où il s’est fait un nom en synthétisant le Zectran,
                              le premier insecticide biodégradable. Suite à ce succès, il a eu carte blanche pour travailler sur les
                              substances chimiques de son choix. Il a opté pour les psychédéliques. Il a créé une amphétamine
                              appelée DOM, qui, à l’époque, se situait juste derrière le LSD en termes de puissance. Les effets
                              d’une bonne dose pouvaient durer au moins 48 heures. En 1967, Nick Sand, le chimiste de Brooklyn,
                              s’est rendu compte du potentiel commercial du DOM. Il a construit un laboratoire industriel à San
                              Francisco, où il s’est mis à cuisiner du DOM dans des soupières de plusieurs hectolitres, et à le
                              vendre par kilos aux Hells Angels. Les motards ont distribué des dizaines de milliers de comprimés
                              de 20 mg de DOM à travers les États-Unis. L’afflux de DOM a permis à des hordes de hippies d’être
                              défoncés au Human Be-In du Golden Gate Park, en 1967.



                              Pendant ce temps, à moins d’un block de Tompkins Square Park, la police de New York défonçait la
                              porte d’une chapelle psychédélique appelée Church of the Mystifying Elation (ndlr : l’Église de
                              l’exaltation déconcertante, à peu près
                              ). Ils ont mis la main sur un paquet de psychédéliques d’une
                              valeur de 8 millions de dollars, dont 1 500 doses de DOM, deux plants de marijuana, et « de
                              nombreux matelas ». La presse a relaté de nombreuses histoires de gens défoncés au DOM qui
                              atterrissaient aux urgences ; un type de Manhattan a ingéré une dose avant de pratiquer le seppuku,
                              s’éventrant à l’aide d’un katana le jour de la Fête des mères. À cette époque, la drogue était encore
                              largement méconnue, et le New York Times en parlait, au choix, comme le proche parent d’un gaz
                              neurotoxique secret ou comme le « caviar des drogues psychédéliques ». Finalement, on a
                              découvert que le DOM était le produit de recherches pharmaceutiques légitimes conduites à Dow
                              Chemical par un chimiste encore inconnu. Sans surprise, ça a rendu Dow très mécontent. Une fois
                              que la source a été identifiée, les liens de Shulgin avec l’entreprise ont été rompus.



                              Libre de tout engagement avec Dow, Shulgin s’est installé un laboratoire personnel dans son arrière-
                              cour et s’est mis à faire des recherches sur les drogues en toute indépendance, conscient que les
                              substances chimiques qu’il créait pouvaient potentiellement trouver un chemin dans les têtes de
                              millions de personnes. Il se faisait un devoir de goûter personnellement chaque nouveau composé
                              et, s’il estimait que ça en valait le coup, il les testait sur sa femme et ses amis, en mettant toujours
                              l’accent sur les propriétés sexuelles des psychédéliques (ou comme il l’appelle, « l’érotique »). En
                              l’espace de cinquante ans, il a étudié les structures psychédéliques d’une façon exhaustive et a
                              élaboré une gamme qui rivalise avec la production de beaucoup de grandes industries
                              pharmaceutiques. Tout en conservant son équilibre mental et son flegme d’homme élégant en jouant
                              du violon alto, en donnant des cours à l’université, et en prenant part aux soirées élitaires de
                              Bohemian Grove1. Quand je suis arrivé chez les Shulgin, à Lafayette en Californie, Alexander se
                              tenait tranquillement assis dans sa cuisine. J’ai traversé la baie vitrée, j’ai salué Shulgin, puis je l’ai
                              étreint, ce qui a fait naître chez moi un sentiment d’euphorie bien plus grand que sous MDMA. On
                              s’est désemboîtés et il m’a posé une charade : « Tu pourrais me citer les deux mots, en anglais, qui
                              commencent avec deux a
                              ? »







                              1
                              Un endroit où, je le sens, il a « goûté » à de nombreux psychédéliques en compagnie de divers
                              capitaines d’industrie. D’après un de ses amis, on l’a vu proposer au patron de Boeing de lui
                              apprendre « une nouvelle façon de voler ».






                              J’ai réfléchi un moment avant de répondre : « Y’a aardvark... »



                              « Oui, c’est bien, et l’autre ? »



                              « Je ne sais pas. Je n’arrive pas à en trouver un autre. »



                              Il a baissé la tête et a dit, dans un murmure grave : « Aardwolf. »



                              « Aardwolf ? », j’ai demandé, mais il s’était déjà levé et engouffré dans le couloir afin d’en rapporter
                              un gigantesque dictionnaire jaune, qu’il a laissé tomber sur la table de la cuisine et poussé vers moi.
                              Ouais, le mot existait bel et bien, et à sa demande j’ai lu la définition tout haut :



                              aard·wolf
                              \-'wu·lf\ n, pl aard·wolves \·-lvz\ [Affric, fr.
                              aard earth + wolf; akin to OE wolf wolf–more at WOLF]
                              1: quadrupède sud- africain ressemblant à une hyène,
                              à fourrure rayée, possédant des pieds antérieurs à cinq
                              orteils et une crinière indéniable, qui se nourrit, entre
                              autres, de termites, et qu’on classe souvent en tant que
                              hyénidé, alors qu’il appartient à la famille des
                              protélidés. 2 : quelque chose de (très) surprenant et
                              sans relation avec un psychédélique, qui me trouble
                              [voir aussi : JE NE SUIS PAS PRÉPARÉ À ÇA]



                              « OK », a décrété Shulgin, satisfait. « On a résolu cette énigme. Mais maintenant, vous savez ce que
                              c’est, une
                              lowène ? »



                              « Non, qu’est-ce que c’est ? », j’ai demandé, crédule.



                              « C’est l’opposé d’une highène. »



                              « Ah ah ! » J’ai uriné un microlitre dans mon caleçon et changé de sujet. « Je vous ai apporté une
                              tarte aux pêches. Vous en voulez une part ?
                              »



                              Il a répondu à ma question par une autre question : « Combien de chiffres apparaissent à la droite de
                              la virgule de
                              π? »



                              « Seulement un. » J’étais tellement nerveux que j’ai confondu ma droite et ma gauche, mais Shulgin
                              a réajusté le tir de sa question.



                              « OK, donc quelle est la valeur de π? 3,14159265... Mais combien de chiffres peuvent apparaître
                              après la virgule de π, ou dans n’importe quel nombre rationnel ?
                              »



                              « Potentiellement, un nombre infini. »



                              « C’est ça, et il est grand comment cet infini ? »



                              « Euh, pardon ? »



                              « Cet infini, il est grand comment ? »



                              « C’est difficile de répondre à cette question », j’ai répondu.



                              « Je vais vous poser une autre question pour que vous puissiez faire une comparaison : combien de
                              nombres se trouvent après la virgule ? Un seul ? Un nombre infini ? Pas seulement un nombre infini,
                              mais un nombre infiniment plus grand que l’infini.
                              »



                              « Comment c’est possible ? Ah, OK, attendez... »



                              De là, notre conversation a serpenté sur des territoires similaires. On se parlait surtout en énigmes,
                              incluant – liste non exhaustive – des palindromes numériques, des palindromes à trait d’union (ou
                              sans), les unités de masse du système international – surtout les femtogrammes –, les mots qui
                              commençaient par la lettre « x » et les mots qui commençaient par le son [x], les ambiguïtés de la
                              classification des cactus, le pluriel correct du mot « fungus » (il en existe trois variantes et quatre
                              façons de le prononcer2), et une analyse de la tarte aux pêches que j’avais ramenée en tant
                              qu’hypothétique nouvelle drogue psychédélique (5-MeO-TARTEAUXPÊCHES). On m’a demandé
                              de calculer la portion appropriée pour la goûter. En extrapolant à partir des données de son plus
                              proche analogue, le 5-MeO-TARTEAUXPOMMES, on s’est décidés pour une part d’un femtogramme
                              (pour des questions de sécurité). Ensuite, Shulgin a enfilé ses sandales par-dessus ses chaussettes
                              noires, attrapé sa canne argentée et suggéré : « Rendons-nous au laboratoire, voulez-vous ? »



                              Avant que nous n’y allions, Ann nous a apporté une grande carafe glacée de limo nade à la fraise.
                              J’ai dû me répéter que c’était Ann Shulgin – la pionnière de la pratique de la psychothérapie à base
                              de MDMA –, la femme qui, dans cette même maison, peut-être même dans la pièce où je me
                              trouvais, faisait usage du MDMA et du 2C-B pour tout traiter, de la dépendance au protoxyde d’azote
                              à la possession démoniaque (ou *plutôt, techniquement, le harcèlement démoniaque post-exorcisme),
                              souvent avec des patients qui se trouvaient guéris, alors que la thérapie conventionnelle par la
                              parole aurait pu seulement commencer à les soigner. J’ai bu quelques gorgées de sa limonade, mes
                              yeux se sont perdus au-delà de leurs tableaux de laine huichol, au travers d’une fenêtre qui avait la
                              même forme que le mont Diablo, et j’ai soupiré. « Je vous sers avec les doigts, j’espère que ça ne
                              vous ennuie pas
                              », a dit Ann alors qu’elle mettait plus de glaçons dans mon verre. « Pas du tout »,
                              j’ai dit. Elle aurait pu me servir avec ses orteils, ça ne m’aurait pas plus gêné.







                              2
                              En anglais, « fungi », « fungus », et « funguses ». Il convient de préciser que le type qui a soulevé
                              la question a également publié un éditorial de 2 pages dans le Journal of Clinical Toxicology dédié à
                              l’incongruité de ces gens qui mettent abusivement au pluriel le mot « amphétamine ». S’il vous plaît,
                              dans le futur, rappelez-vous que l’Adderall contient de l’amphétamine, et pas des amphétamines.







                              Un message amical à l’attention de la DEA, au cas où ils essaieraient de harceler Shulgin



                              Après avoir savouré ma limonade, j’ai fait une petite balade nystagmique le long du couloir, jusqu’à
                              la salle de bains. Le motif en croisillons de diamants noirs du papier peint était exactement le même
                              que celui qui avait tendu la main à Shulgin avant de la lui serrer, comme il l’a raconté dans un
                              compte rendu sur les effets hallucinatoires du TMA-6 3, lors de ses premiers essais. Alors que j’étais
                              debout au-dessus des toilettes bleu cobalt, essayant d’uriner, j’ai médité sur le contenu de sa fosse
                              septique – un trésor pharmaco cinétique, qui recelait sans nul doute la collection la plus variée de
                              métabolites urinaires et fécaux psychédéliques !



                              Même la petite serviette éponge couleur bordeaux de Shulgin ou son bain de bouche à l’huile
                              essentielle de gaulthérie retenaient mon attention. J’ai eu du mal à pisser.



                              Je suis sorti des toilettes, et j’ai retrouvé Shulgin qui m’attendait dans l’arrière-cour. On a descendu le
                              chemin en pierre scintillant qui menait à son laboratoire. Le soleil brillait au travers des feuilles des
                              arbres, jetant des ombres sur sa collection gargantuesque de cactus psychédéliques, qui comptait un
                              enviable Trichocereus bridgesii var. monstrose (un cactus mou en forme de phallus qui contient de la
                              mescaline, surnommé « plante pénis »). On a dépassé un tuyau d’arrosage enroulé, que Shulgin
                              avait déroulé de façon spéculative, une fois, en testant les effets de ALEPH-1, et le laboratoire est
                              devenu visible alors qu’on traversait un petit pont métallique. Envahi par les plantes grimpantes,
                              c’était une maisonnette en patchwork de tôle ondulée et de plastique d’où émanait l’odeur âcre de
                              renfermé du DMT. Shulgin s’est exclamé : « Oh oh oh ! » en ouvrant la porte.



                              La laboratoire était une jungle Pyrex, un déluge de borosilicate, un bouquet de burettes, avec toutes
                              sortes de bouchons de caoutchouc vulcanisé. Des dessiccateurs, des papillons épinglés, des
                              bocaux à conserve remplis d’une sorte de boue, certainement des champignons marinés. Pressés
                              derrière une glace, trois brins d’ivraie contaminés par la fameux sclérote pourpre foncé du Claviceps
                              purpurea
                              , le précurseur fongique du LSD et la moisissure responsable du fléau du feu de Saint
                              Antoine – le mal des ardents. Sur le tableau, le schéma d’une molécule à synthétiser, que j’ai
                              reconnue comme étant le 3,4-MD-4-methylaminorex – un dérivé du psychostimulant hautement
                              euphorique, le 4-methylaminorex, qui au milieu des années 1980 a atteint le statut de drogue culte
                              sous le surnom de « U4Euh ». Sous le schéma moléculaire, une simple légende : « FAIS-MOI ! »







                              3
                              La première modification chimique que Shulgin a apportée à la molécule de la mescaline consistait
                              en l’ajout d’un atome de carbone à l’une des chaînes de l’éthylamine, ce qui a donné une
                              amphétamine, la TMA. De là, il a développé les TMA-2, 3, 4, 5 et 6. Ces molécules ont eu un succès
                              modeste au Japon et aux US. Shulgin a bien aimé la TMA-6, bien qu’elle rende ardue l’action de «
                              toaster le toast dans le toaster », selon lui.







                              Un aperçu de la jungle Pyrex



                              Sur la table, une collection de flasques à fond rond, toutes recouvertes d’une fine couche croûteuse
                              de tryptamine. Une flasque était étiquetée 5-MeO-MALT, une autre 5-MeO-NALT. Shulgin s’est mis à
                              m’expliquer : « DALT, c’est le premier – le diallyle – et le méthylallyle, c’est MALT. Ensuite il y a
                              EALT et après...
                              » Il a pincé les lèvres et en a fait sortir un occlusif : « PALT et iso-PALT et ainsi de
                              suite. 5-MeO-DALT était une molécule active, donc j’ai poussé plus loin dans cette direction.
                              Normalement, quand j’in vente une molécule et qu’elle devient populaire, ils attendent environ quatre
                              ans pour l’interdire. Mais là, j’avais envoyé à un ami la façon de synthétiser le 5-MeO-DALT. Il a mis
                              ça sur Internet, et un mois plus tard c’était synthétisé en Chine et envoyé, via l’Europe, jusque dans
                              ce pays. Maintenant on peut en trouver dans la rue !
                              »



                              Quelques éclaircissements sur cette déclaration : le 24 mai 2004, Shulgin envoie un e-mail à un
                              psychonaute nommé Murple concernant la synthèse et les effets du 5-MeO-DALT. La description est
                              du même format qu’une entrée de TiHKAL, et Shulgin précise à son ami que ça a vocation à faire
                              partie de son prochain livre. Le même jour, Murple poste la recette du 5-MeO-DALT sur son site
                              personnel. Le 25 juin, ça devient disponible publiquement dans un laboratoire du marché gris, à 200
                              dollars le gramme. Le 25 septembre 2004 – la substance est disponible sur le marché depuis trois
                              mois – la première overdose de 5-MeO-DALT rendue publique se produit quand un type de Floride
                              en avale accidentellement 225 mg (soit plus de onze fois la dose maximale testée par Shulgin), au
                              beau milieu de l’ouragan Jeanne. Il survit à l’expérience et se met à partager ses intuitions sublimes,
                              telles que : « Ozzy et le reste ne se mélangent pas bien du tout avec cette substance. »



                              Si Shulgin ne fait qu’esquisser l’ébauche d’une louange à propos d’une nouvelle drogue, celle-ci
                              franchira presque à coup sûr les frontières internationales en quelques mois. Si quelqu’un meurt
                              après avoir pris une de ces substances, ça fait l’objet d’une campagne médiatique grossière, un
                              scandale public, et beaucoup d’agences gouvernementales de lutte contre les produits stupéfiants
                              vont placer la substance en question sur leur liste de priorités. La Grande-Bretagne est allée jusqu’à
                              interdire la liste entière de drogues présentée dansPiHKAL, en une seule loi. Malgré ses détracteurs,
                              Shulgin demeure fermement convaincu que ses recherches doivent rester publiques, dans un but
                              éducatif – que ce soit en direction du gouvernement ou des accros au DXM. Pourtant, il existe un cas
                              où Shulgin a considéré que ses révélations chimiques seraient trop instructives pour les rendre
                              publiques. En testant une amphétamine qu’il a baptisée ALEPH-1 4, il a écrit dans son carnet de
                              notes : « Ne parler à PERSONNE de cette drogue, de façon à ce qu’elle ne puisse jamais être
                              répertoriée et qu’on ne puisse pas essayer de la supprimer... S’obstiner, dans les publications
                              scientifiques, dans des domaines périphériques afin de faire diversion. Conserver tous les travaux en
                              cours dans mes carnets. Le coder “SH” – trop instructif.
                              » C’était « trop instructif » parce Shulgin
                              pense que l’ALEPH-1 est « l’essence du pouvoir » et que si la DEA découvrait la molécule, ils
                              essaieraient de l’anéantir. Quand je lui ai demandé s’il avait jugé utile de ne pas révéler d’autres
                              découvertes, il a dit : « Non, il faut publier. » Mais une partie de moi se demande tout de même s’il
                              existe un carnet spécial étiqueté « SH », planqué sur une étagère pleine de toiles d’araignées.







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                              Shulgin a créé une série de dérivés soufrés d’amphétamine, qu’il a appelés comme la lettre
                              hébraïque א. ALEPH-1 a été le premier d’entre eux. Fidèle à sa méthode de titrage vigilant, la
                              première dose qu’il a absorbée était de 250 nanogrammes. Au bout de 18 essais, il a atteint la dose
                              d’un milligramme. Ça a fait exploser une bombe H intellectuelle dans son cortex préfrontal.







                              Une étagère de réactifs, de solvants, et un large flacon d’héliotropine – un précurseur du MDMA



                              Plus tard dans la journée, Paul D., le collaborateur de Shulgin, nous a rejoints. Ils se connaissent
                              depuis plusieurs décennies, mais Paul est devenu l’assistant de Shulgin l’année dernière. J’ai
                              demandé à Paul s’il avait essayé une des nouvelles tryptamines sur lesquelles ils travaillaient en ce
                              moment, et il a secoué la tête négativement : « Non, Sasha est toujours le premier à essayer les
                              nouvelles substances.
                              » La raison pour laquelle Shulgin est toujours le premier à expérimenter ses
                              créations est parfaitement altruiste. Il veut protéger sa famille et ses amis d’un éventuel effet toxique
                              inattendu du produit chimique créé, une attaque épileptique, par exemple. Mais je soupçonne aussi
                              Shulgin de se réserver le premier essai pour une autre raison : la sensation de synthétiser une
                              nouvelle drogue et de l’ingérer, un truc qui ne peut arriver qu’une fois ; c’est une drogue en soi. C’est
                              comme briser un hymen transdimensionnel et neurochimique. En un sens, c’est la seule drogue qui
                              l’ait rendu vraiment accro. Demandez à Shulgin quel est son psychédélique préféré, il vous répondra
                              : « 2C-B » sans hésiter. Demandez-lui combien de fois il en a pris, il dira : « Pas beaucoup. » C’est
                              un mec qui a eu approximativement 10 000 expériences psychédéliques. Et aucune drogue, même
                              pas son 2C-B5 adoré, a meilleur goût que ce qui n’a encore jamais été goûté.



                              Paul a ramené des douzaines de boîtes en carton vert remplies de produits chimiques. À l’intérieur,
                              une histoire physique de la pharmacopée de Shulgin. Le travail d’une vie, contenu dans des fioles
                              d’un centilitre. La collection était suprêmement émoustillante, à la limite de la pornographie. Mon
                              rythme cardiaque s’est accéléré et mes sourcils se sont mis à transpirer, alors que j’essayais d’éviter
                              des comportements indignes de type Tex Avery, tels que haleter, siffler, hurler, ou laisser mes yeux
                              sortir de ma tête. Il a ôté le couvercle, découvrant 100 alvéoles indexées de façon alphanumérique et
                              contenant des fioles en verre. Les alvéoles vides avaient été occupées un jour par des drogues du
                              tableau 1. Sur chaque étiquette, un schéma moléculaire tracé à la main. La plupart de ces
                              substances n’existaient nulle part ailleurs dans l’univers connu. Shulgin n’est pas seulement un
                              chimiste, c’est un collectionneur. Très tôt dans sa carrière, il a nourri l’ambition d’accumuler toutes
                              les drogues psychoactives du monde, mais il a finalement compris qu’il ne pourrait pas suivre. À en
                              croire la fiche d’index, le contenu (partiel) du carton que Paul avait ouvert incluait trichocéréine,
                              curare (brut), isomescaline, amphétamine, R-DOM, MDMA, DET, DiPT, scopolamine,
                              benzphétamine, aspirine, ésérine, berbérine, papavérine, chlorhydrate de codéine, aconitine,
                              thébaïne, pilocarpine, oxycodon, oxymorphone, plusieurs échantillons médico-légaux de PCP datés
                              et étiquetés « PCP illicite 1975 », et ma vieille amie la Ritaline.







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                              2C-B est l’archétype du psychédélique shulginien. Il possède toutes les qualités valorisées par
                              Shulgin : puissant, chaud, corporel, associatif, en plus de n’avoir montré aucune trace de toxicité
                              pour le corps humain, et d’avoir un effet court – idéal pour la psychothérapie. Il est aussi extrêmement
                              « érotique ». Shulgin a déclaré : « S’il existe effectivement une substance aphrodisiaque, et si on
                              devait la trouver, ce serait probablement modelé sur la structure du 2C-B. » Malheureusement, ça a
                              été interdit après une brève période d’autorisation sur le marché en tant que stimulant sexuel,
                              largement distribué sous le nom Ubulawu Nomathotholo par des chamans sud-africains (une histoire
                              incroyable, pour une autre fois).







                              L’auteur caressant un spécimen de Trichocereus bridgesii var. monstrose, alias le cactus pénis ;
                              c’était très « érotique »



                              Devant le laboratoire, Paul farfouillait dans une autre boîte de boîtes, qui contenait au moins 1 000
                              fioles supplémentaires. « La plupart sont des produits de réaction – de l’huile de 3-
                              méthoxybenzaldéhyde
                              », a-t-il déclaré en débouchant une fiole pour la porter à son nez. « Ça a une
                              odeur intéressante
                              », a-t-il commenté avant de me la passer. J’ai appuyé sur une de mes narines et
                              j’ai pris une grosse bouffée. Ça sentait un peu le Vicks VapoRub, et ça a envoyé une atroce
                              décharge nauséeuse à travers mon corps, accompagnée instantanément de pulsations
                              douloureuses dans ma tête. Malgré ça, j’étais content d’avoir accueilli dans mon sang quelques
                              femtogrammes de la collection chimique de Shulgin. Paul a con tinué : « Ça, c’est du 2-
                              éthoxybenzaldéhyde.
                              » Il en a respiré un peu et m’a passé la fiole, comme si on était en train
                              d’apprécier le bouquet d’un vin fin. « Des produits de réaction dans la production d’amphétamines et
                              de phényléthylamines...
                              » Il a sorti une fiole pleine de cristaux jaune canari et en a déchiffré la
                              structure moléculaire inscrite sur l’étiquette. « C’est un diphényle... » J’ai tendu le cou pour regarder
                              la fiole, complètement hypnotisé, jusqu’à ce que Shulgin s’exclame : « Allons déjeuner ! » Nous
                              avons marché jusqu’à la maison, et j’ai partagé une pizza brûlante avec Ann. Shulgin a opté pour un
                              sandwich aux œufs durs. C’était un déjeuner d’été décontracté, avec le plus grand chimiste
                              psychédélique du monde. Soudain, Paul a fait irruption dans la pièce, le souffle court : « Une équipe
                              de scientifiques au Japon a découvert une synthèse en douze étapes de la salvinorine A ! »
                              Shulgin
                              avait l’air impressionné. « Eh bien, ça c’en est une difficile, a-t-il décrété. Un trésor de symétrie. Tu
                              sais, la salvinorine possède 128 isomères possibles.
                              » J’aurais voulu que cette journée ne finisse
                              jamais.



                              Je suis resté assis, regardant (ou, plus précisément, reluquant) Shulgin mâcher son sandwich aux
                              œufs durs, je pensais à l’influence surhumaine de son travail sur le monde. Les centaines de morts,
                              les millions de bad trips, les dizaines de milliards de dollars échangés sans qu’il en perçoive un seul,
                              les millénaires cumulés de peines de prison, les trillions d’expériences initiatiques, les décalitres de
                              larmes de joie, les décibels d’éclats de rire, et ainsi de suite. Je voulais lui dire à quel point il avait
                              changé ma vie, lui offrir mille génuflexions hystériques de gratitude pour tout ce qui m’était arrivé
                              alors que j’avais pris des substances qu’il avait créées, et dont il avait été le chantre. Mon lit qui
                              s’écroule sous 2C-B. Un programmeur informatique qui me berce comme un enfant alors que je suis
                              par terre, mourant, sous DOC. Mordre une pomme croustillante sous 2C-E. Trouver un pot de lait
                              tourné sur un perron et me faire attaquer par un chien sous DiPT. Me faire dessiner comme si j’étais
                              Enrique Iglesias par le portraitiste de Central Park sous 4-HO-MiPT. Mémoriser le schéma de
                              Hertzsprung-Russel sous 2C-D. Enfoncer mon visage dans une perruque trempée trouvée dans un
                              taxi sous 4-HO-MET. Toutes ces choses merveilleuses et sacrées.






                              Pas facile de dire au revoir



                              J’ai demandé la permission de retourner au laboratoire pendant que les Shulgin finissaient de
                              manger. On m’y a autorisé et j’y suis retourné, pour toucher, sentir, examiner les choses en silence. Il
                              y avait beaucoup de *compartiments vides dans les cartons verts, là où les 5-MeO-DiPT, 2C-B, DOB
                              et DOM avaient un jour été rangés – ce sont les cicatrices que porte sa collection. Mais, il est
                              impossible de désinventer une molécule. Que Shulgin ait créé ces molécules et publié leurs
                              synthèses assure leur survie. Ce n’est pas un miracle qu’il sautille encore, à 84 ans. Il a d’ailleurs dit
                              que sa nouvelle création, le 5-MeO-MALT, est déjà active à 1,8 mg, ce qui suggère que ça pourrait
                              avoir un potentiel énorme. Mais il a aussi dit que, comme il vieillissait, les doses requises pour lui
                              faire de l’effet avaient significativement diminué. « Un effet de seuil ? », j’ai demandé. Il a marqué
                              une pause. « Oh, un “effet”. J’avais compris “fesse” ! »



                              Si effectivement cette non interview était sa dernière, ça m’a laissé partiellement sur ma faim. J’ai
                              encore tellement de questions. Mais ma visite chez les Shulgin m’a fait prendre conscience qu’il était
                              peut-être temps pour moi de répondre à mes propres questions. Ce qui est juste et bon, un cadeau,
                              même. Il a, après tout, répondu plus qu’assez. Nonobstant, il m’a été difficile de quitter son
                              laboratoire. Je voulais me cacher dans la poubelle ou dans l’arbre pour pouvoir rester ; je ne voulais
                              vraiment pas que cette histoire finisse.



                              Editado por última vez por jean-michel; https://www.cannabiscafe.net/foros/member/7559-jean-michel en 29/09/2013, 20:13 . Razón: actualisation lien video

                              Comentario


                              • Re: Videos en français

                                http://api.dmcloud.net/player/pubpag...1?wmode=direct

                                Débat entre Ester Benbassa sénatrice et Alain Astier professeur de pharmacie clinique.
                                À partir de la 12ème minute.
                                Editado por última vez por jean-michel; https://www.cannabiscafe.net/foros/member/7559-jean-michel en 12/12/2013, 06:45 .

                                Comentario

                                Trabajando...
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